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La récession est finie

Conservons cependant une saine prudence.

Bonne nouvelle ! Le gouverneur de la Banque du Canada affirmait récemment que la croissance économique était de retour. Aux deuxième et troisième trimestres, elle se chiffrerait respectivement à 2,0 et 3,3 %. Même son de cloche aux États-Unis, où la croissance est au rendez-vous depuis trois mois. Le Japon, la Chine, l’Allemagne et la France seraient aussi en reprise économique.

De quoi se réjouir

Il y a mieux encore : selon le National Bureau of Economic Research, les récessions américaines, depuis 1945, ont duré en moyenne 10 mois et les phases d’expansion… 57 mois. Que notre voisin du sud soit également sorti de la récession pourrait donc augurer un retour à une prospérité durable.

Quoique…

Où en sommes-nous?

Reste que cette récession a laissé notre économie dans un drôle d’état. Les deux graphiques suivants en donnent une idée : le chômage demeure à des niveaux qu’on n’avait pas vus depuis des années, alors que les bénéfices des entreprises ne se sont toujours pas rétablis. Or, il va de soi qu’on ne peut envisager une reprise solide sans des entreprises prospères et sans que les consommateurs aient des emplois qui leur donnent les moyens de dépenser.


Source : Statistique Canada


Source : Statistique Canada

C’est sans doute pourquoi plusieurs experts prévoient que cette reprise sera cahoteuse, avec certains reculs dans une tendance globalement haussière. Actuellement, une bonne partie de la relance est due aux stimuli gouvernementaux, dont l’effet serait passager.


À la Bourse

Quant aux marchés boursiers, ils ont été fidèles à leur réputation, eux qui, historiquement, anticipent une reprise économique de deux à trois trimestres. Depuis mars, l’indice S&P/TSX est passé d’environ 7 500 points à plus de 11 500 points : un gain de quelque 50 % !


Source : Yahoo Finance

Cependant, même les grands investisseurs semblent trouver cette situation trop belle : en octobre, plusieurs ont retiré des billes du jeu, estimant la reprise boursière trop forte en regard de la reprise économique appréhendée. On parle d’une possible correction, c’est-à-dire un recul des cours de quelque 15 %.

Comment se positionner ?

La reprise est donc installée, mais pas aussi fortement qu’on le souhaiterait : pour l’instant, les signaux demeurent mixtes. Quelle attitude adopter dans les circonstances ? Seule une bonne conversation avec son conseiller en sécurité financière peut permettre d’en décider.

Voici cependant quelques règles utiles :

  • Ne soyez pas trop opportuniste
    Si on avait su en mars dernier que les cours exploseraient comme ils l’ont fait, nous aurions tous gagé notre maison sur les marchés. Or, même si on connaît bien la logique des marchés, on ne sait jamais quand, exactement, elle va se manifester. De la même façon, il serait téméraire de « parier » sur une correction à court terme suivie par une reprise.
  • Soyez quand même un peu opportuniste
    Tout marché baissier comporte néanmoins ses occasions à long terme. Malgré leur progression, les marchés demeurent en retrait d’au moins 25 % par rapport à leur sommet. Il ne s’agit pas nécessairement de miser sur les titres les plus malmenés, mais bien d’identifier les secteurs économiques qui profiteront le plus de la reprise. Ensuite, il s’agira de choisir le type d’entreprise, dans ces secteurs, qui risque d’offrir les meilleurs rendements. Historiquement, les sociétés avec une petite ou moyenne capitalisation boursière sont celles qui ont offert le meilleur rendement en sortie de récession. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Il est fort possible que les investisseurs, encore effrayés, se concentrent sur des entreprises solides, avec une grande capitalisation boursière.
  • Tenez compte de votre horizon de placement
    Et surtout, dans toute décision, il faut tenir compte de son horizon de placement. Si vous avez besoin de votre argent dans trois ans, la volatilité des marchés devrait vous orienter vers une stratégie plus conservatrice que si vous en avez besoin dans 10 ans.

Comme on peut le voir, il n’existe pas une façon unique de se positionner face à la reprise. La réponse a ce genre de questions appartient à chaque personne : elle exige une réflexion rigoureuse et des échanges approfondis avec son conseiller en sécurité financière.