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Janvier 2020

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Que faut-il attendre de 2020    du point de vue économique ?

Que faut-il attendre de 2020 du point de vue économique ?

Cinq indicateurs clés pour suivre ce qui nous attend au cours de la prochaine année.

Il est toujours téméraire de faire des prédictions économiques en début d’année. Néanmoins, il peut être utile de garder un œil sur certains indicateurs qui permettent d’anticiper, ou à tout le moins d’expliquer, l’évolution de l’économie.

Voici cinq de ces indicateurs, parmi les plus fréquemment cités par les économistes.

1. La croissance

C’est le grand paradoxe de l’année 2019 : alors que les marchés boursiers ont généralement offert des rendements spectaculaires, le rythme de la croissance économique a ralenti un peu partout dans le monde. Il s’agit en fait d’une tendance qui se poursuit depuis une dizaine d’années mais, au niveau mondial, le Fonds monétaire international anticipe une légère amélioration en 2020. Cela dit, bien qu’il ne faille pas confondre ralentissement et récession, plusieurs experts observent avec attention les perspectives de croissance dans les pays développés, qui s’annoncent tout aussi anémiques qu’en 2019.

 

Graphique linéaire illustrant le taux de croissance du PIB réel de trois économies depuis 1980 : les marchés émergents et économies en développement, les économies développées et l’ensemble du monde. Les courbes montrent une tendance à la baisse depuis le sommet de 2010. On anticipe cependant un léger relèvement au niveau mondial et pour les marchés émergents en 2020.

 

2. Les marchés boursiers

Comme mentionné ci-haut, les marchés boursiers ont généralement offert une performance spectaculaire en 2019. Entre le 1er janvier et le 31 décembre, l’indice mondial MSCI a crû de près de 24 %, l’indice S&P/TSX de la Bourse canadienne, de plus de 19 % et l’indice américain S&P500, de près de 29 %. Au niveau mondial, il s’agit des meilleurs rendements en 10 ans. Au moment où ces lignes sont écrites, début janvier, cette tendance haussière semble se maintenir, malgré la dégradation de la situation entre les États-Unis et l’Iran. Pour la suite de l’année, les experts ne s’attendent généralement pas à une répétition de l’année 2019, surtout que les prix des actions ont atteint des niveaux élevés. Plusieurs se disent néanmoins optimistes, alors que Trading Economics prévoit des baisses des cours sur la majorité des marchés.

 

Graphique constitué d’une courbe qui illustre la progression de l’indice boursier MSCI Monde au cours de l’année 2019. L’indice a terminé l’année en progression de quelque 24 %.

 

3. La dette et les taux d’intérêt

Au niveau mondial, la dette des États, des entreprises et des ménages atteint des niveaux records. Cela serait dû en bonne partie aux politiques monétaires des banques centrales qui, en maintenant les taux d’intérêt très bas (et ont, pour la plupart, annoncé leur intention de poursuivre dans cette voie), facilitent l’accès au crédit. La Banque mondiale, qui est elle-même un important prêteur, se dit préoccupée par cette situation, en particulier pour les économies émergentes, qui seraient plus vulnérables devant un choc éventuel sur les marchés financiers ou devant les effets d’une guerre commerciale. Au Canada, cependant, le gouvernement fédéral, qui prévoit continuer de générer des déficits jusqu’à nouvel ordre, estime demeurer à l’intérieur de balises acceptables quant au ratio dette/PIB.

4. Le marché immobilier

Dans ses Perspectives économiques 2020, la BDC prévoit un regain sur le marché immobilier qui, combiné à l’investissement résidentiel et aux dépenses des ménages, devrait profiter aux entrepreneurs canadiens. En effet, malgré des incertitudes à l’échelle mondiale et des investissements qui demeurent faibles chez les entreprises, les experts estiment que la consommation des ménages continuera de soutenir l’économie et que l’immobilier, dont la croissance a été au ralenti en 2019, se raffermira. Cette opinion serait en partie confirmée par les experts de l’Indice Prix de maisons Teranet et Banque nationale, qui estimaient en décembre que le marché immobilier avait un bon rythme à l’aube de 2020.

5. La situation géopolitique

Enfin, la situation géopolitique représente un important facteur d’incertitude en 2020. Le déroulement des élections américaines, le jugement pour destitution du président Trump, les guerres commerciales entretenues par les États-Unis, en particulier avec la Chine, le Brexit, les tensions politiques voire des conflits militaires (notamment avec l’Iran), sont autant d’impondérables qui pourraient avoir un effet sur l’économie et les marchés. En outre, on soupèse de plus en plus les effets des changements climatiques et de la raréfaction de l’eau sur l’économie. La Banque mondiale estime que dans certains pays, le manque d’approvisionnement en eau ralentit la croissance économique de plus de 30 %. Certains experts commencent à s’interroger sur les effets éventuels de cette situation sur certains secteurs économiques reposant sur une consommation hydrique élevée.

Comme toujours, il pourrait être important de considérer ces prévisions avec une certaine prudence. Cependant ces cinq indicateurs fournissent une toile de fond utile pour entrevoir ce qui nous attend en 2020.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Banque mondiale, « La détérioration de la qualité de l’eau réduit la croissance économique d’un tiers dans certains pays ».
BDC, « Perspectives économiques 2020 : la croissance canadienne se poursuit sur fond d’incertitude ».
Bloomberg, « Almost Everything Wall Street Expects in 2020 ».
CBC, « What voters need to know about deficits and the debt ».
Fonds monétaire international, « Real GDP Growth ».
Foreign Policy, « The Global Economy 2020: A Positive Outlook Shadowed by China, Debt, and Trade Tensions ».
Indice Prix de maisons Teranet et Banque Nationale, « Le marché immobilier a de l’allant à l’aube de 2020 ».
National Bank of Canada, « Monthly Economic Monitor, December 2019 ».
Journal de Montréal, « Quelle année boursière! ».
Trading Economics, « Markets ».