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Le prix de la sécurité
Après une décennie de rendements globalement positifs sur les marchés financiers, et avec des rumeurs persistantes de ralentissement économique, plusieurs épargnants semblent vouloir se tourner vers des placements plus « sûrs ». Mais à quel prix ?

Selon les derniers chiffres de l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC), les fonds communs de placement* axés sur les obligations auraient accaparé plus de la moitié de toutes les ventes de fonds communs de placement au pays, en juillet dernier. En fait, de janvier à juillet, les investisseurs canadiens auraient investi près de 10,5 milliards de dollars dans des fonds communs obligataires, alors qu’ils retiraient quelque 5,4 milliards de leurs fonds d’actions.

Sans conclure à une course à la sécurité, il semblerait donc que les placements axés sur le revenu et réputés moins volatils aient la cote présentement – ce qui pourrait aussi soulever une question : quel compromis accepte-t-on lorsqu’on fait le choix de la sécurité ?

Compromis numéro 1 : le rendement

En se tournant vers des placements de nature défensive comme les dépôts garantis ou les obligations, au détriment de placements axés sur la croissance du capital comme les actions, les épargnants pourraient devoir accepter d’abaisser leurs attentes de rendement.

Ce choix pourrait avoir des conséquences importantes à long terme. Une étude du Forum économique mondial rapportait récemment, comme le montre le graphique suivant, qu’en moyenne, les résidents des grands pays industrialisés n’auraient pas assez d’épargne personnelle pour générer un revenu durant toutes leurs années de retraite. Et selon les analystes, cela s’expliquerait en bonne partie par une tendance à privilégier, trop tôt dans la vie, des titres de nature défensive.

 

Graphique à colonnes horizontales permettant d’estimer le nombre d’années de revenu que peut procurer l’épargne d’une personne à la retraite, par rapport à son espérance de vie. Le graphique permet de voir qu’au Canada, une personne a, en moyenne, assez d’épargne pour un peu plus de neuf ans de retraite, mais qu’elle vivra beaucoup plus longtemps : en moyenne, un homme vivra encore 10 ans après avoir épuisé son épargne et une femme, 13 ans. De leur côté, les Américains auraient assez d’épargne pour environ 10 ans de retraite, alors que les hommes vivront en moyenne huit années de plus et les femmes, 11. Mais c’est au Japon que le déficit de financement est le plus grand : les Japonais auraient le plus faible niveau d’épargne, alors qu’ils ont la plus longue espérance de vie. Les hommes auraient 15 ans à vivre, en moyenne, après avoir épuisé leur épargne et les femmes, près de 20 ans.

 

Compromis numéro 2 : l’inflation

Un deuxième compromis pourrait résider dans ce qu’on appelle le « risque d’inflation ». Très simplement, il s’agit de la possibilité que le rendement obtenu sur des placements s’avère inférieur à l’augmentation du coût de la vie, année après année. En conséquence, même si une personne dispose d’épargnes considérables, son pouvoir d’achat diminue et, en réalité, elle s’appauvrit.

Compromis numéro 3 : la liquidité

Plusieurs placements dont le rendement est garanti comportent une date d’échéance, avant laquelle le capital ne peut être récupéré. C’est le cas, par exemple, des certificats de placement garanti. En cas de besoin imprévu, par exemple à la suite d’ennuis de santé, le fait que ces placements soient moins liquides que d’autres pourrait être un problème.

Compromis numéro 4 : des formes de risque insoupçonnées

Enfin, un autre prix à payer serait qu’en fait, les placements à revenu fixe peuvent comporter des risques. Dans le cas des obligations et des fonds d’obligations, le principal est celui des taux d’intérêt : selon que ceux-ci baissent ou montent, la valeur des obligations en portefeuille peut croître – ou chuter. En outre, la garantie des titres à revenu fixe est liée à la solidité de l’institution émettrice.

Des pistes de solution ?

Les investisseurs à la recherche d’une autre forme de compromis peuvent consulter un professionnel pour envisager certaines pistes alternatives.

Parmi celles-ci, une option pourrait être d’opter plutôt pour un portefeuille de fonds dont la répartition d’actif est déterminée par le profil de risque de la personne, c’est-à-dire à la fois le niveau de risque dont la personne a besoin pour atteindre ses objectifs et sa tolérance personnelle à la volatilité. Dans ce type de fonds, la répartition de l’actif est rééquilibrée périodiquement en fonction de l’évolution des marchés, sans que l’investisseur ait à s’en soucier. Il existe aussi des fonds dits « à date cible » dont la répartition d’actif est ajustée graduellement à mesure que la personne avance en âge et que son horizon de placement diminue, de façon à l’exposer à de moins en moins de volatilité. Enfin, il existe aussi des placements dont le rendement est lié aux marchés mais dont le capital est garanti.

Pour plus de renseignements à ce sujet, n’hésitez pas à vous adresser à votre représentant en épargne collective ou conseiller en sécurité financière.

 

*Les fonds communs de placement sont offerts par l’entremise de représentants en épargne collective rattachés à SFL Placements, Cabinet de services financiers.

 

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Actualis, « Coup d’œil sur les portefeuilles de fonds ».
Bankrate, « 8 best low-risk investments in September 2019 ».
Finance et investissement, « Les ventes de fonds obligataires cartonnent ».
Gérez mieux votre argent, « Inflation » ; « Risques liés aux certificats de placement garanti ».
MacroTrends, « S&P 500 Historical Annual Returns ».
Morningstar, « 5 portfolio lessons from target-date funds ».
Seeking Alpha, « The Investor's Survival Guide To A Long Life ».
The Balance, « Do Safe Investments Carry Risks? ».
Wikipedia, « Fund of funds ».
Wikipedia, « Target date fund ».
World Economic Forum, « White Paper – Investing in (and for) Our Future ».