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Septembre 2019

L’outil financier de la rentrée : le REEE
Que sont les actions privilégiées ? Comment établit-on le profil de risque ?
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Que sont les actions privilégiées ?

Que sont les actions privilégiées ?

Souvent méconnues des épargnants, les actions privilégiées sont une catégorie d’actif pourtant utilisée par plusieurs gestionnaires d’actifs. En voici une brève présentation.

Les personnes qui possèdent un portefeuille de placement sont généralement familières avec les grandes catégories d’actifs que sont l’encaisse, les obligations, les actions ou encore l’immobilier. On ignore cependant parfois que chacune comporte diverses sous-catégories aux caractéristiques distinctes. Dans la catégorie des actions, les actions privilégiées sont l’une de ces sous-catégories.

Des actions différentes

Tout comme les actions dites « ordinaires », les actions privilégiées sont émises par des entreprises pour subvenir à leurs besoins en capital. Cependant, elles diffèrent des actions ordinaires sur trois principaux points :

  • elles ne donnent pas de droit de vote à leurs détenteurs, qui ne peuvent donc pas influencer les orientations de l’entreprise, par exemple le choix des administrateurs, lors des assemblées des actionnaires ;
  • en revanche, elles leur confèrent un droit de priorité sur les revenus de l’entreprise, ce qui signifie que les dividendes qui leur sont dus ont préséance sur ceux des détenteurs d’actions ordinaires ;
  • en cas d’insolvabilité et de liquidation des actifs de l’entreprise, les détenteurs d’actions privilégiées passent avant les détenteurs d’actions ordinaires (bien qu’après les créanciers et détenteurs d’obligations).

Des actions avec une personnalité « revenu fixe »

En raison de leur emphase sur le revenu de dividendes, qui est en principe davantage « garanti » que celui des actions ordinaires, les actions privilégiées sont souvent considérées comme à mi-chemin entre les actions ordinaires et les titres à revenu fixe que sont les obligations. Les investisseurs qui en ajoutent à leur portefeuille ne souhaitent pas renoncer entièrement à une croissance possible de leur capital, comme dans le cas des actions ordinaires, mais ils espèrent une prévisibilité qui s’apparente à celle des titres à revenu fixe pour ce qui est du revenu versé. En outre, les actions privilégiées seront généralement moins volatiles – mais parfois aussi moins liquides – que les actions ordinaires.

Par ailleurs, il faut savoir que ce type de placement présente un avantage fiscal sur les obligations, puisqu’il verse des dividendes plutôt que des intérêts, les premiers étant moins lourdement imposés. Enfin, alors que pour une obligation, un rendement plus élevé est souvent synonyme de risque de crédit plus élevé, pour une action privilégiée, le rendement du dividende aura plutôt tendance à refléter la capacité de l’entreprise à récompenser ses actionnaires, donc sa santé financière.

 

Tableau illustrant de façon sommaire les différences entre les actions ordinaires, les actions privilégiées et les obligations. Cinq critères sont présentés : le droit de vote lié à chacun des trois types de placement, la possibilité d’une croissance ou d’une perte de capital, la forme des revenus offerts, la garantie quant au rendement et, enfin, la garantie quant à la valeur à l’échéance. On peut constater que les actions privilégiées ne confèrent pas de droit de vote à leur détenteur, qu’elles peuvent engendrer des gains ou des pertes en capital, que les revenus qu’elles offrent sont sous la forme de dividendes et que ni leur rendement ni leur valeur à la revente ne sont garantis.

 

Double potentiel, double risque

Si elles présentent à la fois des attraits propres aux actions ordinaires et aux titres à revenu fixe, les actions privilégiées en partagent aussi les risques. Par exemple, la valeur marchande d’une obligation varie selon l’évolution des taux d’intérêt : elle baisse lorsque les taux en vigueur montent, et monte lorsqu’ils baissent, ce qui, en cas de revente avant l’échéance, peut se traduire par une perte ou un gain en capital. Il peut en aller de même pour la valeur d’une action privilégiée. À noter qu’il existe différents types d’actions privilégiées, lesquelles sont touchées de façon différente par l’évolution des taux d’intérêt.

En raison du risque de volatilité, associé au risque de liquidité, les actions privilégiées ne sont donc pas considérées comme un placement sans risque. Néanmoins, elles trouvent leur place dans plusieurs portefeuilles, notamment dans des fonds communs de placement qui investissent de façon diversifiée, en tout ou en partie, dans cette catégorie d’actif.

Pour évaluer si ce type de placement a sa place dans votre propre portefeuille, n’hésitez pas à consulter votre représentant en épargne collective ou conseiller en sécurité financière.

 

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Autorité des marchés financiers, « Actions ».
Gérez mieux votre argent, « Comment fonctionnent les actions ».
Investopedia, « Preferred vs. Common Stock: What's the Difference? ».
Les affaires, « Le risque des actions privilégiées ».