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Comment mettre en place    une stratégie de rattrapage

Comment mettre en place une stratégie de rattrapage

Dans la quarantaine ou la cinquantaine, plusieurs personnes constatent que leur épargne-retraite, même si elle est déjà substantielle, pourrait s’avérer insuffisante pour la durée de leur retraite. Voici quelques idées pour mettre en place une stratégie de rattrapage.

Selon une étude de la firme Charles Schwab, une personne qui commence à épargner dès la vingtaine peut espérer maintenir son niveau de vie à la retraite si elle épargne de 10 à 15 % de ses revenus chaque année. En revanche, si elle attend d’avoir 45 ans ou plus, c’est pas moins de 35 % de ses revenus qu’elle devrait mettre de côté chaque année.

Ces chiffres illustrent à quel point le temps est un facteur important dans la planification de la retraite. Et quand celui-ci commence à manquer, une stratégie de rattrapage peut être de mise.

Comment ajuster sa stratégie : un exemple

Essentiellement, un capital de retraite est le résultat d’une épargne qui a obtenu un rendement pendant un certain temps.

Dans les lignes qui suivent, quelques calculs1 vont permettre de voir comment ces trois leviers peuvent être utilisés dans une stratégie de rattrapage, par une personne fictive de 50 ans qui aurait un revenu de 120 000 $ par année. Les hypothèses sont les suivantes :

  • Ses cotisations annuelles au REER depuis l’âge de 30 ans : 1 250 $ par mois
  • Son rendement annuel moyen
    • avant la retraite : 4 %
    • à la retraite : 2 %
  • Le capital qu’elle a accumulé à ce jour : environ 460 000 $

À noter que, pour simplifier la démonstration, on suppose aussi que la personne conserve le même revenu jusqu’à sa retraite et on ignore l’effet de l’inflation (qui ne devrait cependant pas être négligé dans une planification réelle).

Le scénario du statu quo

Si cette personne maintient sa stratégie, elle pourrait se retrouver avec un capital d’environ 1,142 million $ à 65 ans. Cette somme pourrait générer un revenu annuel d’environ 51 000 $ durant les 30 années suivantes, soit seulement 43 % du revenu qu’elle avait auparavant.

Volet 1 : épargner davantage

Supposons que cette personne augmente ses cotisations REER jusqu’au maximum que lui autorise son revenu, soit 21 600 $, à raison de 1 800 $ par mois. Comme on peut le voir ici, cette stratégie permet d’augmenter le capital à 1,277 million $ à 65 ans. Cela pourrait représenter un revenu annuel de quelque 57 000 $ par année, soit 6 000 $ de plus qu’avec le statu quo.

 

Graphique à colonnes illustrant l’effet d’une augmentation des cotisations REER annuelles à partir de 50 ans, tel qu’expliqué dans le texte. Les colonnes représentant cette option se terminent à 1,277 million de dollars à 65 ans, alors que celles représentant la stratégie du statu quo se terminent à 1,142 million.

 

Volet 2 : optimiser le rendement

Dans ce deuxième calcul, imaginons qu’avec son conseiller, la personne a estimé qu’elle pouvait tolérer un niveau de risque légèrement plus élevé, de façon à envisager un rendement supérieur. Si on suppose la même cotisation mensuelle de 1 250 $, mais un rendement annuel moyen de 5 % (plutôt que 4 %), son capital pourrait être de 1,303 million $ à 65 ans. Cela lui permettrait d’envisager un revenu de 58 000 $ par année – un gain de 7 000 $ sur le statu quo.

 

Graphique à colonnes illustrant l’effet d’une augmentation du rendement annuel de 1 % à partir de 50 ans, tel qu’expliqué dans le texte. Les colonnes représentant cette option se terminent à 1,303 million de dollars à 65 ans, alors que celles représentant la stratégie du statu quo se terminent à 1,142 million.

 

Volet 3 : retarder la retraite

Troisième option : maintenir les cotisations et les perspectives de rendement à leur niveau actuel, mais retarder la retraite de cinq ans. Le facteur temps prouve ici son importance, puisqu’à 70 ans, la personne se retrouve avec près de 1,477 million $ – et cinq années de retraite de moins à financer. Résultat : elle pourrait envisager des revenus annuels de plus de 75 000 $, un gain spectaculaire de 25 000 $ par année de retraite.

 

Graphique à colonnes illustrant l’effet d’un report de la retraite à 70 ans, tel qu’expliqué dans le texte. Les colonnes représentant cette option se terminent à 1,477 million de dollars à 70 ans, alors que celles représentant la stratégie du statu quo se terminent à 1,142 million, cinq ans plus tôt.

 

Une solution de compromis

En réalité, peu de personnes de 50 ans sont prêtes à travailler jusqu’à leurs 70 ans, et peu souhaitent augmenter de beaucoup leur risque à cette étape de leur vie. Notre dernier exemple suggère donc un compromis : tout en maximisant ses cotisations, la personne ajuste légèrement son portefeuille pour espérer augmenter son rendement annuel moyen de 0,5 % d’ici la retraite, et elle retarde celle-ci de deux ans. Résultat : elle peut envisager avoir un capital de retraite de 1,533 million $ à 67 ans, et un revenu annuel de 72 000 $ par année, soit 22 000 $ de plus qu’avec le statu quo. Ce chiffre représente aussi 60 % de son revenu durant la vie active.

 

Graphique à colonnes illustrant l’effet combiné d’une augmentation des cotisations REER annuelles et du rendement à partir de 50 ans, de même que d’un report de la retraite à 67 ans, tel qu’expliqué dans le texte. Les colonnes représentant cette option se terminent à 1,533 million de dollars à 67 ans, alors que celles représentant la stratégie du statu quo se terminent à 1,142 million.

 

Autres tactiques à considérer

Il faut souligner que ces calculs sont basés sur des hypothèses qui pourraient ne pas se réaliser. En outre, ils ne tiennent pas compte de l’érosion du pouvoir d’achat par l’inflation. Voici donc quatre tactiques de plus à envisager.

  • Utiliser toute marge de cotisation REER des années passées
    Les marges de cotisation inutilisées, en effet, s’accumulent année après année.
  • Maximiser le CELI (compte d’épargne libre d’impôt)
    La croissance du capital et les retraits seront non imposables à la retraite et ne viendront pas diminuer les prestations de la Sécurité de la vieillesse.
  • Réduire rapidement toute dette à intérêts élevés
    En particulier si ceux-ci ne sont pas déductibles.
  • Réinvestir immédiatement tout remboursement d’impôt
    Plutôt que de le dépenser.

Comme on peut le voir, adopter une stratégie de rattrapage exige de la discipline, mais est tout-à-fait possible. Si vous croyez en avoir besoin, n’hésitez pas à en discuter avec votre représentant en épargne collective ou conseiller en sécurité financière, qui établira vos propres projections avec ses outils de planification de la retraite.

1Tous les chiffres mentionnés ici sont fictifs et utilisés à des fins illustratives seulement. Les calculs ont été effectués à
l’aide de la calculette du site Gérez mieux votre argent de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Charles Schwab, « Waiting to Save for Retirement Could Cost You ».
Discover / Modern Money, « 10 Tips for Catching Up on Retirement Savings ».
Forbes, « How To Catch Up In Your Retirement Saving ».
Gérez mieux votre argent, « Calculatrice Épargne REER ».