Vos finances au quotidien

Votre portefeuille est-il vraiment diversifié ?

« Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Le proverbe est bien connu. Mais en matière de placements, au juste, qu’est-ce qu’un panier ?

Permettez-nous de vous présenter Geneviève et Mathieu, un couple dans la trentaine qui commence à investir. Prudents, Geneviève et Mathieu demandent à des représentants en épargne collective dans deux institutions financières de leur faire des recommandations. Après tout, deux opinions valent mieux qu’une ! De plus, comme ils ne sont ensemble que depuis quelques années, ils insistent pour que chacun ait sa propre stratégie de placement.

Quelques semaines plus tard, Geneviève se retrouve avec deux comptes différents – un auprès du représentant A et l’autre auprès du représentant B – et Mathieu également. Chaque portefeuille a donc été monté par deux spécialistes différents auprès de deux institutions différentes, à l’aide de fonds communs de placement différents. Différents, oui – mais diversifiés ?

Un coup d’œil sur la composition des fonds d’actions canadiennes qui se retrouvent dans les comptes du couple permet d’en avoir une idée.

Concentrer ses placements en croyant les diversifier


Comme on peut le voir, les titres qui se retrouvent dans plus d’un fonds, et parfois dans les quatre, sont nombreux. Malgré les efforts du couple, tous ses œufs ont abouti pratiquement dans le même panier, ce qui le met davantage à risque… alors que son objectif était le contraire.

Quand le plus est l’ennemi du mieux

Est-ce à dire que Geneviève et Mathieu ont été mal conseillés ? Probablement pas. Puisque chaque conseiller ignorait ce que l’autre faisait et que chaque compte devait être géré isolément, il devenait difficile, pour le couple, d’arriver à une stratégie vraiment diversifiée.

Mais alors, s’ils ajoutaient encore davantage de fonds à leurs portefeuilles, corrigeraient-ils la situation ? Voyez :

Nombre de titres et risque


Des études réputées tendent à montrer que le risque lié spécifiquement aux titres d’un portefeuille diversifié, mesuré par sa volatilité, diminue grandement lorsqu’on lui ajoute jusqu’à une vingtaine de titres… mais beaucoup moins par la suite. Dans le cas de notre couple, acheter d’autres fonds d’actions canadiennes ne ferait donc, peut-être, que l’exposer davantage aux secteurs de la finance et de l’énergie, qui sont très importants dans la Bourse canadienne. Il en va de même s’ils achetaient un fonds équilibré : il est probable que la composante actions canadiennes d’un tel fond recouperait les fonds qu’ils ont déjà.

Alors que faire ?

La diversification : une notion multiple

En fait, on estime généralement que la diversification d’un portefeuille peut se faire à différents niveaux :

  • par catégories d’actifs : liquidités, titres à revenu fixe, actions
  • par secteurs économiques : finance, énergie, biens de consommation, etc.
  • par pays
  • et par styles de gestion du responsable du portefeuille : « valeur », « croissance », etc.

Dans une telle approche, la sélection des titres eux-mêmes – ou des fonds – n’est qu’un des volets. Aujourd’hui, la majorité des représentants en épargne collective disposent d’outils qui leur permettent de mesurer la diversification d’un portefeuille et de s’assurer que ses placements sont aussi peu corrélés que possible, c’est-à-dire qu’ils n’auront pas tendance à se comporter de la même façon dans différentes situations. Ainsi, une baisse de valeur chez certains pourrait être compensée par une hausse chez d’autres, pour des rendements d’ensemble moins volatils.

Des solutions

La situation de Geneviève et Mathieu n’est pas unique – et elle n’est pas désespérée. Pour la corriger, ils pourraient consulter de nouveau l’un de leurs représentants et discuter, cette fois, de l’ensemble de leurs placements. Ils seront alors à même de réévaluer leur répartition d’actif et de rééquilibrer leur portefeuille en fonction de leurs objectifs, leur profil, leur tolérance au risque et leur horizon de placement.

Il existe aujourd’hui des fonds communs de placement qui aident à diversifier facilement un portefeuille. On peut penser, par exemple, à des fonds équilibrés qui visent une certaine répartition de l’actif, ou encore à des « fonds de fonds », qui  marient des styles de gestion complémentaires. Plus récemment, on a aussi vu apparaître des fonds basés sur le cycle de vie de la personne.

Bref, leur représentant dira probablement à Geneviève et Mathieu qu’il est possible, même avec un investissement minime, de se donner un portefeuille vraiment diversifié. Tout est bien qui finit bien !

Note : seuls les représentants en épargne collective rattachés à SFL Placements Cabinet de services financiers sont autorisés à distribuer des fonds communs de placement.