Vos finances au quotidien

Dent sucrée, note salée

Dent sucrée, note salée

Enfin le printemps, et enfin le temps des sucres ! Au fait, avez-vous déjà pensé aux effets du sucre sur la santé ? De plus en plus de chercheurs, eux, le font. Et ils en arrivent à des chiffres impressionnants.

Le dossier fait la une depuis quelques mois : l’un des plus grands enjeux de santé publique auxquels nous ferons bientôt face se cacherait peut-être… dans ces petites douceurs que nous nous offrons chaque jour.

De grosses pointes de tarte


L’exemple américain, scruté à la loupe par le Crédit Suisse Research Institute, illustre la pression que les maladies causées ou aggravées par le sucre peuvent exercer sur les finances publiques. Pas moins de 30 % à 40 % du budget annuel de la santé, qui totalise lui-même trois billions de dollars, seraient consacrés au traitement de ces maux ! Et la tendance n’annonce pas de ralentissement : environ 15 % de la population adulte américaine pourrait être diabétique dès 2020, comparativement à 12 % aujourd’hui.

Le sucre, ce vieux compagnon

Certes, la réalité canadienne diffère probablement de celle qui prévaut chez nos voisins du Sud. Néanmoins… Si vous êtes un Canadien moyen, combien de cuillères à thé de sucre ingérez-vous chaque année ? Attention, la réponse pourrait vous surprendre.

Rage de sucre


Si vous ne vous souvenez pas de ces 9 460 cuillères versées dans votre café, n’ayez crainte : c’est que le sucre est un envahisseur discret. Par exemple, une seule canette de boisson gazeuse contient environ huit cuillères de sucre.

Additif le plus utilisé par l’industrie alimentaire, le sucre se cache dans presque toutes les denrées comestibles. Statistique Canada révèle d’ailleurs que plus du tiers de tout le sucre consommé par les Canadiens est issu d’aliments de catégories « autres » que les quatre groupes alimentaires reconnus. On parle ici de desserts, confiseries, boissons sucrées et autres produits transformés. Plus précisément, les breuvages représentent à eux seuls près de 44 % de l’apport quotidien chez les enfants et adolescents, et 35 % chez les adultes.

Le sucre invisible


Le vrai coût du sucre

Les chercheurs en santé publique estiment que les maladies aggravées par le sucre (diabète, syndrome métabolique, obésité et autres) peuvent entraîner un nombre plus élevé de consultations médicales, des hospitalisations plus fréquentes et plus longues, une médication plus importante et des traitements ambulatoires plus nombreux qui ajouteront une pression croissante sur le système de santé. L’Agence de la santé du Canada, par exemple, estime que le diabète multiplie par trois les risques d’hospitalisation.

Ces problèmes peuvent aussi se répercuter sur la situation financière des individus et possiblement sur celle de leur entourage en se traduisant éventuellement par une baisse de productivité, des absences du travail voire un arrêt de travail, des soins spécialisés et d’autres coûts.

Que faire ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le sucre (qu’il s’agisse de sucres ajoutés ou des sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les concentrés) ne devrait pas compter pour plus de 10 % de notre apport calorique quotidien. L’OMS précise également que le fait de limiter cet apport à 5 % contribuerait déjà à une diminution des effets du sucre sur le système de santé publique.

Facile ? Pas sûr ! Chez un adulte moyen, 5 %, c’est à peine six cuillères à thé par jour, et une seule canette de boisson gazeuse suffit à dépasser ce seuil. La vigilance est donc de mise à l’épicerie : glucose, dextrose, fructose, maltose et sucrose sont quelques-uns des termes qui, sur les étiquettes, signalent la présence de sucre dans nos aliments.

Et côté finances ? Probablement la même prudence que face à tout risque de santé : se poser la question « et si ? ». Et si une maladie touchait notre capacité à gagner notre vie, d’où viendraient nos revenus ?

Une réflexion à faire autour d’un bon café… sans sucre.