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Et si vous dépassiez votre espérance de vie ?

Et si vous dépassiez votre espérance de vie ?

En matière de finances personnelles, on dit souvent que la pire chose qui puisse arriver, c’est de vivre plus longtemps que son épargne… Si seulement on savait exactement sur combien d’années planifier sa retraite !

Imaginons un homme né en 1950 et appelons-le Paul. Aujourd’hui âgé de 65 ans, Paul commence enfin sa retraite. Question : sachant que son espérance de vie était de 66 ans lorsqu’il est né en 1950, sur combien d’années Paul devrait-il planifier sa retraite ?

Pendant combien d'années Paul devrait-il s'assurer d'avoir des revenus ?


Intuitivement, on se doute bien que la réponse risque d’être supérieure à une seule année… Mais de combien, au juste ? Et comment expliquer cette différence ?

Bienvenue dans l’univers d’une notion parfois méconnue : la longévité.

Le principe espérance

L’espérance de vie à la naissance, en effet, est une notion globale que l’on confond souvent avec celle de longévité individuelle. En fait, pour calculer l’espérance de vie à la naissance, on estime la durée de vie moyenne des membres d’une génération, sur laquelle on applique les taux de mortalité d’une année en particulier.

En outre, le calcul ne tient pas compte de facteurs à venir qui, sur la durée d’une vie, auront une incidence sur la longévité : les progrès de la médecine, l’évolution des habitudes de vie ou l’amélioration des conditions économiques, par exemple.

Résultat ? Plus vous avancez en âge, plus vous avez de chance de vivre vieux… En effet, si les personnes décédées en bas âge font descendre la longévité moyenne d’une génération, alors il faut bien que les survivants vivent longtemps pour la tirer vers le haut.

Comment calcule-t-on l'espérance de vie à la naissance ?


Une question de probabilité

Alors, combien d’années Paul a-t-il devant lui ?

Pour pallier les limites de l’espérance de vie à la naissance, les actuaires recourent généralement à des outils statistiques appelés « tables de mortalité » et à une notion plus nuancée : la probabilité de vivre jusqu’à un certain âge. Voyez par exemple :

Quelle sera votre longévité ?


Comme on peut le voir, Paul a 50 % des chances d’atteindre 85 ans, ce qui représente tout de même 19 ans de plus que ce que prévoyait son espérance de vie à la naissance ! Et s’il vit en couple, ce qui est considéré comme un facteur de protection, il a même 10 % des chances de devenir centenaire !

Évidemment, les chiffres d’un tel tableau pourraient varier selon différents facteurs, notamment le lieu de résidence, l’histoire individuelle et les habitudes de vie de chaque personne. Néanmoins, ils mettent en lumière l’importance d’être réaliste dans l’évaluation de ses chances de survie… pour éviter de vivre plus longtemps que son portefeuille.

Gérer contre son propre risque de longévité

Reste donc une question : quelle probabilité de survie devriez-vous prendre en considération pour planifier votre retraite ?

Vous sentiriez-vous en sécurité avec un risque de 50 % d’épuiser votre capital avant la fin de votre vie ? L’Institut québécois de la planification financière, qui a compilé la table présentée ici, recommande plutôt comme base de calcul un risque de survie de 25 %. Ainsi, si vous êtes un homme de 65 ans aujourd’hui, il pourrait être prudent de vous assurer que votre épargne-retraite vous procure des revenus jusqu’à 91 ans. Vous êtes femme de 65 ans ? Alors 95 ans. Vous êtes un couple dans la cinquantaine ? Que diriez-vous de planifier en fonction de 96 ans ?

Bref, si vous aviez fait vos calculs sur la base de 80 ans, qui est approximativement l’espérance de vie à la naissance pour les hommes aujourd’hui, ou encore de 84 ans, qui est approximativement l’espérance de vie à la naissance pour les femmes aujourd’hui… peut-être devriez-vous envisager la possibilité que vous dépassiez de beaucoup cette cible. Ce qui est assurément une excellente nouvelle… si votre épargne et vos placements en tiennent compte.