Vos finances au quotidien

Vendre sa maison soi-même :  avantageux, à condition de…

Vendre sa maison soi-même : avantageux, à condition de…

Est-ce que la perspective de vendre votre propriété sans verser de commission à un courtier vous attire ? Ça peut être un excellent moyen pour maximiser votre gain… Mais l’opération vient aussi avec ses exigences.

De plus en plus de Canadiens se lancent dans l’aventure : vendre sa maison en se passant de l’aide d’un courtier. À lui seul, l’un des sites Internet les plus connus dans le domaine affiche actuellement plus de 24 000 propriétés à vendre à l’échelle du Canada, et plus de 125 000 propriétaires ont vendu leur résidence par l’entremise de ce service depuis sa création en 1997. En fait, plusieurs services offrent désormais diverses solutions de rechange au processus de vente traditionnel.

Il faut dire que les sommes en jeu sont souvent considérables et que la perspective d’économiser la commission peut être attrayante. Le graphique suivant en donne une idée :

Au-delà du profit

Si un gain additionnel de plusieurs milliers de dollars a de quoi faire rêver, il faut savoir que le propriétaire qui se passe d’agent accepte en réalité de faire le travail de l’agent. Les contraintes et les impondérables que celui-ci doit gérer deviennent alors ceux du propriétaire, et cela peut avoir un effet à la fois sur les chances de succès et sur le gain au bout du compte.

En fait, avant que « votre » acheteur ne se présente et que vous sachiez quelle somme il est prêt à mettre sur la table, voici quelques variables avec lesquelles vous devrez probablement apprendre à composer :

  • Votre horaire
    Il faudra y mettre le temps nécessaire. Répondre aux demandes de renseignements, gérer les rendez-vous, planifier les annonces, organiser les visites libres, réunir la documentation requise par les acheteurs. Sans oublier que la maison devra toujours être impeccable. Et si la vente tarde, cela pourrait avoir un effet sur vos autres projets… de vacances par exemple.

  • Votre marché
    Qui sont vos acheteurs potentiels ? Il y a lieu de se demander s’ils sont disposés à faire directement affaire avec vous, sans intermédiaire. Beaucoup de gens se sentent encore davantage en confiance en présence d’une tierce partie, d’autant plus qu’ils n’ont pas à payer la commission. Peut-être devrez-vous vous préparer à traiter avec un agent qui vous proposera de vous présenter son client… moyennant une certaine commission.

  • Vos qualités de négociateur
    Vous êtes probablement attaché émotivement à votre propriété. Jusqu'à quel point serez-vous en mesure d’argumenter de façon objective et de tolérer les commentaires négatifs ? Comment réagirez-vous devant une offre que vous jugerez ridicule ? N’oubliez pas que l’acheteur saura que vous n’avez pas de commission à payer et cherchera à tourner cela à son avantage. Devrez-vous engager un évaluateur agréé pour avoir une référence objective ? Ou des experts pour clarifier des points techniques ou légaux ?

  • Votre seuil de tolérance
    Après plusieurs mois d’attente, serez-vous enclin à accepter la première offre d’achat… même si elle est nettement inférieure à ce que vous recherchez – voire au marché ?


Une décision à soupeser

En somme, la vente directe vient illustrer la vieille maxime selon laquelle « toute peine mérite salaire » : vous économiserez souvent de grosses sommes, mais ce sera au prix d’un investissement en temps, d’un impact sur vos autres projets et de certains risques additionnels.

Devant cette alternative, à chacun d’établir, pour employer une expression toute domiciliaire, son « niveau de confort »… Quel est le vôtre ?