Vos finances au quotidien

Héritage ? Quel héritage ?

Héritage ? Quel héritage ?

Recevoir un héritage de vos parents ou d’un vieil oncle parti creuser une mine d’or en Australie fait-il partie de votre plan de retraite ? Ça pourrait ne pas être une bonne stratégie financière… Voici pourquoi.

Mille milliards de dollars, ça vous intéresse ? Selon certains économistes, ce pourrait être la valeur qui sera transférée, au cours du prochain quart de siècle, de la plus vieille génération de Canadiens à la suivante – autrement dit, la valeur léguée en héritage.

Sauf que… À la lumière des changements démographiques récents, de plus en plus de voix discordantes laissent entendre que, concrètement, cela pourrait toucher moins de personnes qu’on ne pourrait le croire, et que les sommes pourraient être moins importantes.

Laisser un héritage : pas une priorité

De fait, une étude publiée en 2013 par l’Association des comptables généraux accrédités du Canada montre que les Canadiens épargnent rarement en vue de faire un legs à la prochaine génération. Vous cherchez « héritage » dans l’image suivante ? C’est vers le bas du graphique.

Pourquoi accumule-t-on de la richesse ?


Pourquoi ?

Mais alors… Où donc iront tous ces milliards ? Une autre étude, effectuée par Decima Research pour une grande institution financière, fournit un début d’indice : près de la moitié des répondants de 60 ans et plus, en effet, prévoyaient, tout simplement, utiliser leur avoir pour leur propre retraite.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer le phénomène.

  • Une espérance de vie plus longue
    Les personnes à la retraite ont de plus en plus d’années devant elles, donc plus d’années de revenu à assurer à même leur épargne.
  • Un mode de vie plus actif
    Souvent, elles auront aussi eu des revenus plus élevés durant leur vie active et continueront d’utiliser leur actif pour s’offrir une bonne qualité de vie, par exemple en voyageant.
  • Des soins médicaux coûteux
    En revanche, selon Statistique Canada, elles seront rattrapées par la maladie dès l’âge de 70 ans environ. Des soins de longue durée deviendront souvent nécessaires, ce qui peut s’avérer onéreux.
  • Un marché peu généreux
    Une personne à la retraite aura souvent un portefeuille de placements conservateur pour protéger son capital. Or, le rendement des titres à revenu fixe est désormais très faible, ce qui force plusieurs retraités à puiser davantage dans leur capital.

Ajoutons qu’au décès, le fisc prélèvera sa part sur le REER ou le FEER de la personne, de même que sur ses gains en capital imposables (la maison secondaire, entre autres) : que restera-t-il comme héritage ? La question reste ouverte.

Que faire ?

Bref, ce n’est vraisemblablement pas tout le monde qui peut envisager un héritage comme source de sécurité financière… En revanche, si vous êtes parent et souhaitez laisser un capital à votre décès, il existe des moyens pour préserver en partie votre actif. Par exemple, une assurance vie peut couvrir le montant prévisible de l’impôt à payer au décès et donc, vous permettre de laisser un capital plus important à vos héritiers. De même, une assurance soins de longue durée ou maladies graves peut permettre d’absorber les dépenses importantes qui viennent avec une perte d’autonomie sans nécessairement épuiser votre épargne.

Un dernier petit graphique ?

Héritage virtuel... et héritage réel


Bref, un héritage, oui bien sûr… Mais peut-être pas aux dépens d’une bonne stratégie de retraite et de sécurité financière.