Vos finances au quotidien

Vivez-vous dans votre REER ?

Vivez-vous dans votre REER ?

« Ma retraite, c’est ma maison ! » On entend souvent cette affirmation de la part de personnes qui, pour faire croître leur avoir, préfèrent investir dans leur résidence plutôt que dans leur REER. Bonne décision ?

Vivez-vous dans votre REER ?

« Ma retraite, c’est ma maison ! » On entend souvent cette affirmation de la part de personnes qui, pour faire croître leur avoir, préfèrent investir dans leur résidence plutôt que dans leur REER. Bonne décision ?

REER ou maison ? La question mérite d’être posée – et plusieurs se la posent effectivement. Il faut dire que les marchés boursiers ont amené leur dose d’émotions, ces dernières années, alors que le prix des maisons, dans plusieurs régions du pays, a semblé poursuivre une irrésistible ascension.

En fait, la question est plus complexe qu’il n’y paraît, et la réponse dépendra grandement de la situation de chacun. Le printemps inspirant des rêves de nouvelle propriété, voici quelques repères à ne pas oublier, si vous souhaitez discuter de cette question avec votre conseiller.

Le rendement

Depuis janvier 2005, selon l’Indice des prix des propriétés MLS® (offert seulement à partir de cette date), le prix des propriétés canadiennes a crû d’un peu plus de 62 %, toutes régions et tous types de propriété confondus. Dans le même temps, l’indice S&P/TSX de la Bourse canadienne enregistrait une progression d’environ 50 %. Match terminé ? Pas vraiment.

graph

Le coût du placement

Pour comparer vraiment les deux options, il faudrait mesurer la plus-value de votre résidence et celle de votre REER sur une période plus longue, idéalement le nombre d’années d’ici à votre retraite. Ensuite, vous devrez tenir compte du fait que votre résidence est un placement avec un important effet de levier, c’est-à-dire que vous contractez un emprunt sur lequel vous payez des intérêts. En revanche, votre investissement dans un REER se construit graduellement, le plus souvent sans effet de levier. Enfin, l’un et l’autre viennent avec des frais qui viennent diminuer le rendement. Par exemple, les frais de gestion des fonds d’actions canadiennes dépassent souvent les 2,5 % par année, ce qu’il faut comparer aux nombreux frais récurrents occasionnés par une propriété.

La diversification

Notre exemple ci-dessus est aussi un peu trompeur, car une personne investit rarement tout son REER dans un seul fonds d’une seule catégorie d’actif. Un portefeuille équilibré fera plutôt appel à une diversité de placements (liquidités, obligations, actions de différents marchés), dans le but d’atténuer la volatilité et de favoriser une constance des rendements. En revanche, tout investir sur sa maison consiste à concentrer son avoir sur un seul actif, certes plus stable mais aucunement garanti.

La volatilité

Notre graphique illustre bien qu’une résidence peut être un investissement moins volatil à court terme que le marché boursier. Pourtant, les creux existent, et ils peuvent être très prononcés si l’on se fie à l’expérience américaine de la dernière décennie. Comme pour tout investissement, il s’agit donc d’espérer qu’un creux de marché ne coïncide pas avec le moment où l’on devra liquider son placement.

Le revenu de retraite

Ce qui nous amène au point le plus important : comment convertir son investissement en revenu à la retraite. Pour un REER, la solution sera la conversion en FERR et/ou l’achat de rentes. Dans le cas d’une maison, il faudra soit vendre, acheter plus petit ou passer à loyer, soit emprunter contre sa valeur nette. Ce sont des choix légitimes, mais il faut accepter que, si « on vit dans son REER » toute sa vie… on ne pourra peut-être plus le faire lorsqu’il s’agira d’en tirer un revenu.

En définitive, qui a raison ? Doit-on penser, comme le prix Nobel d’économie Robert Shiller, qu’acheter une maison est une mauvaise idée ? Ce serait peut-être excessif, puisqu’il est possible, notamment avec des outils comme le régime d’accession à la propriété (RAP), de concilier maison et REER. Autrement dit, de profiter de deux outils financiers, tout en mettant un toit sur sa tête.

Mais, encore une fois, chaque situation est unique…À vos calculatrices !