Vos finances au quotidien

Le gros coût des petits accidents

Le gros coût des petits accidents

Ouch, docteur ! Ouch, le portefeuille ! Parfois, les petits accidents de la vie peuvent avoir un effet surprenant sur les finances personnelles. Peut-on prévenir le coup ?

Si vous êtes passé par l’hôpital récemment pour soigner une fracture – ou encore un gros bobo que votre enfant s’est infligé après une acrobatie spectaculaire –, sachez que vous n’êtes pas seul. Déjà en 2005-2006, selon les chiffres les plus récents de l’Agence de la santé publique du Canada, les blessures non intentionnelles nécessitaient près de 195 000 hospitalisations chaque année au pays. Voyez :

Principales causes d'hospitalisations au Canada


Des frais qui chiffrent

L’agence estime à environ 19,8 milliards de dollars par année la ponction que cela représente sur les finances publiques. Mais qu’en est-il des finances personnelles ? Difficile à chiffrer, mais quelques éléments donnent une idée du stress qu’une blessure peut représenter pour un budget personnel.

  • Les services ambulanciers
    Si l’accident nécessite le recours à une ambulance, il est possible que le coût soit au moins en partie à la charge de la personne. Selon le cas et la province, les frais peuvent facilement dépasser les 250 $. Et si par malheur l’accident se produit lors d’une partie de volleyball de plage sur une île lointaine… imaginez le coût de l’avion-ambulance.
  • Le transport
    Si la personne devient momentanément moins mobile et qu’aucun proche ne peut la véhiculer, tous ses déplacements, en particulier ceux pour obtenir des soins, pourraient représenter une dépense importante.
  • Les soins
    Il n’est pas rare, pour soigner une blessure, de devoir obtenir des soins spécialisés, de la médication, des orthèses ou divers appareils. Or, tous ne sont pas nécessairement couverts par les régimes publics. Par exemple, certaines interventions dentaires ne sont pas remboursées, et les services psychologiques ne sont couverts que pour quelques séances.

Un manque à gagner

Cependant, le principal risque pour la santé financière d’une personne concerne sa capacité de gagner sa vie ou de maintenir ses revenus. Si la personne s’avère incapable d’effectuer son travail pour une certaine durée, il se pourrait que ni son régime d’employeur (quand elle en a un) ni les régimes publics ne compensent le fait qu’elle se retrouve sans emploi. Une simple blessure sportive au bras, par exemple, peut empêcher même un employé de bureau de réaliser ses tâches à l’ordinateur. Et si la blessure est très incapacitante, il est possible que le conjoint doive lui aussi réduire ses heures de travail pour prendre soin du blessé ou le transporter, ce qui touchera doublement les revenus du ménage.

Prévenir pour mieux guérir

Peut-on éviter ces imprévus ? Probablement pas, mais les conseillers en sécurité financière recommandent généralement de circonscrire leur risque pour en limiter les effets :

  • Constituer un fonds d’urgence
    Mettre des sous dans un compte d’épargne, comme un CELI, jusqu’à ce qu’on ait un coussin représentant deux à trois mois de salaire est une bonne façon de s’acheter une tranquillité d’esprit face aux coûts immédiats d’un accident.
  • Réviser son portefeuille d’assurance
    Les salariés profitent parfois de protections à même le régime d’assurance offert par leur employeur. Mais ce n’est pas le cas de tous les employés et cette couverture peut être incomplète. Il est donc recommandé de réviser régulièrement ses assurances (d’employeur et personnelles) pour connaître la couverture dont on dispose. Différents produits permettent d’ajouter à sa protection des volets prévoyant un revenu de remplacement (assurance « salaire » ou « invalidité »), le remboursement de certaines dépenses de santé ou encore des soins de longue durée.

Un minimum de planification peut ainsi aider à encaisser le coup… et le coût, lorsque l’imprévu se produit.