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Au travail !

Au travail !

Presque partout dans le monde, le marché de l’emploi a été durement touché par la crise économique. Mais dans le club des pays qui ont résisté à la déferlante, le Canada fait plutôt bonne figure... Est-ce que ça va durer ?

Deux dixièmes d’un pour cent. Cela semble bien peu de chose, mais c’est assez pour faire réfléchir les économistes depuis quelques semaines. En mars dernier, en effet, le taux de chômage est passé de 7,0 % à 7,2 % au Canada, alors que quelque 55 000 emplois ont été perdus (51 000 emplois avaient été créés en février). En fait, la chose est surtout notable parce qu’il s’agissait de la plus importante baisse de l’emploi depuis la récession de 2009.

Les chiffres des mois suivants nous diront s’il s’agit d’une tendance ou d’un phénomène temporaire. Mais à tout le moins, l’événement incite à faire le point sur le chemin parcouru depuis 2008.

Suivez le guide !

Où nous en sommes

Où en sommes-nous et comment nous comparons-nous ? Un survol des dernières données de Statistique Canada permet de voir que l’emploi est une donnée très inégalement répartie selon les secteurs économiques, ce qui se traduit par de fortes disparités entre les provinces.

Taux de chômage au Canada


Si vous résidez en Saskatchewan, en Alberta ou au Manitoba, sachez donc que vous faites partie d’un groupe select, dans l’ensemble de l’OCDE, qui réunit des pays comme la Norvège, la Suisse, le Japon et l’Autriche, où le taux de chômage est également inférieur à 5 %. En revanche, si vous vivez à Terre-Neuve-et-Labrador ou sur l’Île-du-Prince-Edouard, vous êtes davantage en mesure de comprendre ce que vivent les citoyens de pays comme l’Irlande ou le Portugal. Le tableau suivant en donne une petite idée.

Taux de chômage harmonisés


Dans l’ensemble, ce tableau permet aussi de voir qu’à la fin février, le taux de chômage de 7,0 % au Canada se comparait à des taux de 7,7 % pour les États-Unis, de 8,0 % pour l’ensemble de l’OCDE, de 10,9 % pour l’Union européenne et de 12 % plus spécifiquement pour l’ensemble des 17 pays utilisant la devise européenne.

Une tendance à l’avantage du Canada depuis trois ans

En fait, cet état des lieux est le résultat d’une évolution spectaculaire des taux de chômage dans le monde depuis la crise de 2008. Comme on peut le voir ici, l’année 2009 a été un point de bascule, le Canada passant rapidement de mauvais à plutôt bon élève, en termes relatifs, et les écarts ayant tendance à se creuser en sa faveur depuis ce moment.

Évolution des taux de chômage harmonisés


Au-delà du taux de chômage

Il faut savoir cependant que le taux de chômage total n’est qu’un des critères couramment utilisés pour comparer les performances des États en matière d’emploi. Les économistes utilisent aussi, notamment, le taux de chômage à long terme, le taux de chômage selon l’âge ou les groupes sociaux, les taux d’emploi, le total annuel d’heures travaillées ou encore le salaire annuel moyen.

Selon Statistique Canada, pour la plupart des indicateurs, le pays se classe soit dans la moyenne soit au-dessus de la moyenne, si bien que dans l’ensemble, il obtient un classement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Le pays serait même en tête de liste du G7 pour deux des huit indicateurs couramment utilisés, soit le taux de chômage à long terme et le taux d’emploi des femmes.

Quand on se compare…

Difficile de tirer une conclusion générale, puisque votre appréciation concrète du marché de l’emploi au Canada variera inévitablement selon la région où vous vivez et le secteur économique où vous travaillez. On ne saurait cependant nier qu’un grand nombre de pays sont ressortis beaucoup plus dévastés de la crise de 2008 et que le Canada, en fait, se distingue favorablement à la fois du G7, de l’OCDE et de la zone euro.

Aurait-il pu faire mieux ? Est-il bien positionné en vue des prochaines années ? La parole est aux économistes… et aux politiciens !