Vos finances au quotidien

Première auto 101

Première auto 101

Neuf, usagé, emprunt, assurances… Se procurer sa première voiture peut être déboussolant. Voici quelques points de repère de vieux routiers pour planifier cet achat sans compromettre sa situation financière.

Bon an mal an, dans notre pays nordique, le printemps ramène la fièvre de l’automobile, comme en témoignent ces données sur les ventes de véhicules compilées par Statistique Canada.



Vous n’avez encore jamais acheté d’auto et pensiez profiter du retour des beaux jours pour vous en procurer une ? Ou encore vous connaissez une jeune personne qui s’apprête à faire un tel achat ? Voici un bref rappel de ce que nous disent les experts dans le domaine pour éclairer ce qui peut devenir une démarche plutôt complexe.

La base : préciser ses besoins

Les publicitaires font tout ce qu’ils peuvent pour enrober l’automobile d’une aura de rêve. Toutefois, d’un strict point de vue financier, il est sage de résister aux sirènes et de procéder dans un ordre logique : établir sa capacité financière, établir ses besoins… et, enfin, choisir la voiture qui nous plaît le plus dans celles qui restent après ces deux premiers filtres. Certains critères s’imposent donc en premier lieu, immédiatement après le coût d’achat lui-même, notamment la consommation d’essence et la fiabilité du véhicule. Plusieurs sites et publications fournissent ces renseignements. Par la suite, on pourra sélectionner, selon ses besoins et ses goûts, un véhicule confortable et si on fait de longues distances tous les jours, une auto compacte et économique si on ne conduit qu’occasionnellement, ou encore une voiture avec un bon volume si on prévoit transporter des passagers ou de l’équipement sportif.

Neuf ou usagé ?

En ne comparant que le prix de vente, une auto usagée semble plus économique qu’un véhicule neuf. En réalité, chaque option comporte des pour et des contre.

En achetant un véhicule neuf, on réduit le risque de devoir dépenser pour l’entretien ou des bris mécaniques : le compteur part à zéro et les garanties sont plus complètes. De plus, les voitures de fabrication récente, soumises à des normes plus sévères, consomment moins d’essence que les modèles plus anciens.

Un véhicule d’occasion est particulièrement intéressant s’il s’agit d’une auto dont le bail locatif est arrivé à terme : vu les restrictions de ce genre de bail, cette auto n’aura probablement que de deux à quatre ans d’usure et un nombre raisonnable de kilomètres au compteur. Néanmoins, une inspection réalisée par des garagistes indépendants et qualifiés est toujours recommandée si on veut s’éviter de désagréables factures d’entretien et de réparation.

Se donner un budget d’utilisation

L’achat d’une auto, en soi, n’est pas une mince affaire mais ce n’est que le début de l’histoire, car, en fait, les dépenses ne font alors que commencer : frais d’essence, d’assurance, d’immatriculation, de stationnement, d’entretien, de réparation… Ces coûts supplémentaires sont loin d’être négligeables. Les évaluations du coût d’utilisation d’une auto publiées annuellement par le CAA montrent qu’un véhicule peut coûter, au bout de quatre ans, plus de deux fois plus cher que le prix de détail annoncé. Selon un récent sondage Ipsos Reid, six Canadiens sur dix ont sous-estimé de 4 000 $ ou plus les coûts de possession de leur véhicule l’année dernière ! Des frais, donc, à inclure à son budget.

Et pour terminer, à moins d’avoir les économies pour payer comptant, ce qui est peu fréquent, le choix d’une voiture vient souvent avec la négociation d’un prêt automobile. À cet égard, il importe de ne pas considérer ce prêt de façon isolée et, au contraire, de l’inscrire dans l’ensemble de sa stratégie de crédit. Il existe des barèmes qui permettent d’établir si la dette totale d’un ménage demeure dans des proportions gérables. Les institutions financières utilisent de tels barèmes, mais rien n’oblige l’emprunteur, s’il veut préserver sa marge de manœuvre, à aller au bout de sa capacité d’emprunt. Ici comme en toute chose, la recherche de l’équilibre est parfois plus importante que celle de la voiture qui fera tourner les têtes sur les terrasses…

Sur ce, bon magasinage et… bonne route !