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Qui veut encore d’une rente viagère ?

Qui veut encore d’une rente viagère ?

Vos parents ou grands-parents reçoivent-ils une rente viagère ? Serait-ce pour ça qu’on voit parfois celle-ci comme un produit vieux jeu ? Et si on se trompait ?

Avec l’arrivée des baby-boomers à la retraite, de plus en plus de personnes passent à une nouvelle étape de leur vie financière : après avoir accumulé de l’épargne toute leur vie, ils doivent maintenant obtenir un revenu à partir de cette épargne. La rente viagère est l’un des principaux véhicules financiers pour effectuer ce décaissement graduel. Pourtant, il semble que plusieurs mythes entourent ce produit et en font une option souvent négligée.

Voyons ce que nous disent les faits.

Mythe 1 : c’est démodé

Le gagnant d'une loterie payable à vie ou encore un employé qui profite d'un régime de pension à prestations déterminées n’ont sûrement pas l’impression que ces formes de revenus sont démodées. Or, dans les faits, ce sont des rentes viagères.

Une rente viagère est un contrat entre un individu et une compagnie d'assurance de personnes qui garantit un revenu régulier à vie. Ce revenu ne fluctue pas en fonction des marchés et ne s'épuise pas, même si l’individu vit jusqu'à un âge avancé. En fait, les prestations de la Sécurité de la vieillesse sont aussi des rentes à vie. Cependant, comme celles-ci sont généralement insuffisantes pour couvrir tous les besoins de base, on peut se procurer une rente avec ses propres économies pour combler la différence. Les conseillers en sécurité financière recommandent généralement d’inscrire la rente dans une stratégie globale qui inclura d'autres investissements pour améliorer le niveau de vie de la personne ou parer aux imprévus.

La rente viagère


Mythe 2 : le rentier perd l’accès à son argent

Le rôle d'une rente est d’assurer à la personne que la portion de son capital destinée à assurer sa subsistance ne s'épuisera pas, quoi qu'il arrive. C'est pourquoi, règle générale, l'achat d'une rente est effectivement une décision irréversible. En contrepartie, le revenu est protégé contre les fluctuations du marché, les décisions impulsives… et les personnes mal intentionnées qui ciblent le capital des personnes vieillissantes. Cependant, certains assureurs permettent aussi de racheter la rente à certaines conditions, notamment sur présentation de preuves de bonne santé.

En outre, si la personne inscrit la rente dans une stratégie de revenu plus large, elle pourra aussi faire appel à d'autres placements, plus liquides et plus souples.

Mythe 3 : le rendement est anémique

Il est vrai que la baisse des taux d'intérêt à long terme a fait grimper le prix des rentes ; par contre, le rendement garanti par les autres placements sécuritaires, comme les placements à terme, a également chuté dans la foulée.

En comparaison avec ces derniers, la rente offre un revenu optimal dès la première année puisque ce dernier est tiré à la fois du capital investi, des intérêts de la rente et de la mise en commun des montants reçus par l'assureur des autres rentiers. Avec les années, cet avantage prend de l'importance : certains titulaires, en effet, n’atteindront pas l’espérance de vie « normale » et se trouveront ainsi à « subventionner » les rentes de ceux qui vivront plus longtemps. Par conséquent, plus un rentier vit longtemps, plus la somme des paiements de sa rente risque de dépasser le montant d'un investissement dans un placement à terme assorti des intérêts.

Ce qui amène au mythe suivant…

Mythe 4 : en cas de décès prématuré, les héritiers ne reçoivent rien

Avec une rente, un dilemme peut se poser en cas de décès prématuré : les héritiers du défunt auraient-ils pu profiter des épargnes inutilisées ? Il y a trois façons de contourner ce dilemme : l'ajout d'une période garantie qui fera en sorte que la rente continuera d'être versée durant un certain nombre d'années ; l’achat d’une rente réversible qui permettra au conjoint de continuer de recevoir des versements jusqu'à son propre décès ; ou encore, l’option de remboursement au comptant, au bénéficiaire désigné, de la différence entre les sommes qu'il a versées pour l'achat de la rente et les paiements de la rente qu'il aura reçus avant son décès.

Comme on peut le voir, la réalité est parfois différente de la rumeur. Cela ne signifie pas que la rente viagère convient à tout le monde… Mais, à la lumière des faits, on peut croire que ce serait une erreur de ne pas au moins l’envisager.