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Inspecter avant d’acheter : essentiel !

Inspecter avant d’acheter : essentiel !

L’inspection est une étape incontournable de l’achat d’une maison. Mais sur quels aspects doit-on s’attarder, au juste ? Et par où commencer ?

Il faut parfois des semaines, voire des mois, de recherche épuisante pour trouver une propriété enfin à son goût. Et quand on a enfin la perle rare dans sa mire, il peut être tentant de considérer l’inspection du bâtiment comme un luxe. Or une maison est un actif considérable qui, comme tout actif financier, comporte un risque. Procéder à une bonne inspection, en ce sens, est une façon d’évaluer la qualité de l’actif pour mieux gérer son risque, de la même façon qu’on se renseigne sur une société avant d’acheter ses actions.

Par où commencer 

Peu de gens possèdent les compétences techniques pour bien évaluer l’état d’un bâtiment et surtout estimer le coût des réparations nécessaires. C’est pourquoi la première étape sera le plus souvent d’embaucher un inspecteur professionnel pour faire le travail. En ce sens, la décision la plus importante de l’acheteur sera de s’assurer d’obtenir d’un expert qualifié un rapport détaillé couvrant au moins tous les points suivants.

Les composantes d'une bonne inspection

Ce qui est caché demeure caché

Mais attention : l’inspection d’un bâtiment est un repérage des signes apparents de défauts ou de vices. L’inspecteur n’a pas à se prononcer sur ce qui est caché ou difficilement accessible : par exemple, le drain français, qui est enfoui, ou la toiture si elle est ensevelie sous la neige. Il n’a pas non plus à faire des tests de structure ou à ouvrir un mur. Par exemple, il faudra retenir les services d’un expert distinct si on veut s’assurer que le bâtiment est exempt de substances comme l’amiante ou le radon, ou que son exposition électromagnétique n’est pas hors normes. Généralement, la déclaration du vendeur couvrira ce genre de facteurs, mais un acheteur prudent pourrait vouloir s’en assurer.

Dette brute

Comment utiliser un rapport d’inspection

Un rapport d’inspection bien fait procure de nombreux avantages à l’acheteur. Il permet notamment de :

mieux établir ses priorités et planifier ses dépenses
Cette fissure dans la fondation est-elle bénigne ou annonce-t-elle des problèmes plus importants ? Ce mur est-il humide en raison d’une mauvaise ventilation ou d’une infiltration d’eau? Un bon rapport d’inspection permettra d’identifier les travaux pressants et ceux qui peuvent attendre, ce qui permet d’étaler les dépenses sur quelques années.

réaliser des économies
Certains travaux doivent être faits immédiatement, sous peine de voir l’état de la maison s’aggraver. Remplacer sans tarder un toit qui coule, par exemple, est une intervention plus simple que de reconstruire plus tard une charpente pourrie par les infiltrations.

négocier lors de l’achat
Le rapport de l’inspecteur en bâtiment peut servir de levier de négociation lors de l’achat. Une maison qui nécessite de gros travaux ne vaut évidemment pas autant qu’une autre en bon état. Rapport en main, on peut exiger que le propriétaire actuel effectue les réparations ou abaisse son prix de vente.

se protéger en cas de litige
Il peut arriver qu’un litige oppose l’acheteur au vendeur après la vente d’une propriété. Dans ce cas, le rapport d’inspection peut servir de preuve.

Choisir son inspecteur

La formation et la compétence des inspecteurs en bâtiment varient énormément. L’inspecteur contacté est-il ingénieur, architecte, évaluateur agréé ou technologue professionnel ? Sans offrir de garantie absolue, l’appartenance à un ordre professionnel est habituellement associée à un code de déontologie, minimise les risques de négligence et contribue à protéger le client en cas d’insatisfaction. Certains inspecteurs possèdent aussi une assurance responsabilité professionnelle couvrant les erreurs et les omissions.

Enfin, avant de l’engager, il est toujours possible de demander à l’inspecteur de montrer des exemples passés de son travail. Un bon rapport devrait montrer ce qui ne va pas dans la propriété, pourquoi ça ne va pas, et comment on peut corriger la situation. Il comprendra de 20 à 50 pages, des photographies à l’appui et même, parfois, une déclaration du vendeur où seront consignés les problèmes dont le propriétaire actuel a connaissance.

Après tout, l’achat d’une maison est souvent le plus important investissement qu’une personne fera au cours de sa vie : aussi bien s’assurer dès le départ que c’est un bon placement !