Sécurité financière

Dopés, les marchés ?

Quand les marchés vont bien, on dit parfois qu’ils sont «dopés» par les bonnes nouvelles. Et quand ils vont mal, qu’ils sont… «déprimés». Ça ne vous fait pas penser à quelque chose?

Si vous regardez le graphique suivant, peut-être avez-vous l’impression qu’il illustre un peu la courbe de vos émotions au cours des trois dernières années. En fait, il représente simplement l’évolution de l’indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto, avec ses hauts très hauts… et ses bas très bas. Mais s’il coïncide avec vos émotions, rassurez-vous, ce n’est pas parce que vous êtes plus sensible qu’un autre.

Comme une drogue

Selon plusieurs chercheurs œuvrant dans une branche de la science neurologique appelée la «neuroéconomie», le gain financier activerait les mêmes zones du cerveau que le plaisir physique ou certaines drogues. À son échelle, l’effet serait un peu comme celui de la cocaïne, dont l’absorption provoque le relâchement de dopamine et procure une sensation de confiance extrême. Et à l’inverse, la perte financière, en particulier après une longue période de gains, provoquerait une angoisse un peu similaire au manque.

Au-delà de la peur et de la cupidité

Sans dire que le monde de l’investissement fonctionne de manière irrationnelle, ces recherches permettent de comprendre que les marchés reposent généralement sur des comportements rationnels… mais parfois aussi sur des réactions émotives irrationnelles. Cette irrationalité serait directement fonction du processus de création de la richesse: plus celle-ci est importante, plus les marchés tendraient à occulter le risque. À l’inverse, plus la destruction de richesse est importante, plus cette exubérance ferait place non pas à la simple peur, mais à une angoisse contagieuse et à des comportements tout aussi irrationnels. Au contraire de la peur, qui a un objet, l’angoisse finit par ne pas avoir d’objet précis: elle envahit toute l’existence, diminue la capacité d’écoute et affecte le sens des proportions.

Comment se protéger?

Rien de plus normal, donc, que de ressentir de l’anxiété en période de grande volatilité comme celle que nous avons connue il y a deux ans – et celles que nous connaîtrons inévitablement dans le futur. Il existe cependant certains moyens pour contrôler ses émotions et ne pas prendre de décisions qu’on regretterait par la suite. En voici quelques-uns:

  • Aviez-vous un plan? Prévoyait-il que les mouvements du marché pourraient vous faire gagner ou perdre de l’argent, chaque année, à l’intérieur des certaines balises? Revenez à ce plan. Parfois, ce qui semble exceptionnel était prévisible – et prévu.
  • Ne laissez pas les émotions négatives se transformer en angoisse. Si vous commencez à ressentir une certaine anxiété, réglez le cas tout de suite. Soyez anxieux pour la peine, une fois pour toutes, et allez au bout de la question avec votre conseiller en sécurité financière.
  • Habituez-vous à voir le côté positif et le côté négatif dans toute situation. Quand les choses vont bien, regardez le côté négatif. Quand elles vont mal, regardez le côté positif. Apprenez à relativiser les hauts – comme les bas du marché.
  • Bougez! L’exercice, le yoga, les loisirs… déclenchent tous des mécanismes qui viennent compenser le cycle de l’anxiété et aider à regarder la réalité de façon plus rationnelle.

Bref, que les marchés soient dopés ou déprimés, le tout est… de ne pas l’être soi-même.