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Le CELI a 10 ans

Le CELI a 10 ans

… et son plafond annuel de cotisation vient de passer à 6 000 $. Une occasion tout indiquée pour redécouvrir les caractéristiques de cet outil financier avantageux de plus en plus utilisé par les Canadiens.

En mars 2008, au moment de déposer son budget, le ministre fédéral des Finances, feu Jim Flaherty, réservait une surprise aux contribuables canadiens : l’entrée en vigueur dès l’année suivante d’un nouveau véhicule pour mettre leur épargne à l’abri de l’impôt : le CELI, ou compte d’épargne libre d’impôt.

Dix ans plus tard, les statistiques révèlent que le CELI est à la fois très populaire et encore sous-utilisé.

 

Deux graphiques en forme de tartes permettent de voir ici qu’il existait 13 473 200 titulaires de CELI au Canada, en 2016. Cependant, 41,9 % ne cotisent pas à leur CELI et seuls 10,32 % maximisent leur cotisation. Ces chiffres viennent de Statistique Canada.

Le CELI en 5 points

Mais au juste, qu’est-ce que le CELI ? Voici un résumé en cinq points.

  • 1. En quoi consiste un CELI ?
    Un CELI est un compte d’épargne qui permet à son détenteur de ne payer aucun impôt sur ses revenus de placements, qu’il s’agisse d’intérêts, de dividendes ou de gains en capital. L’épargne croît à l’abri de l’impôt, et les retraits sont également exempts d’impôt.

  • 2. En quoi le CELI diffère-t-il du REER ?
    Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) permet aussi de faire croître son épargne à l’abri de l’impôt. Cependant, les deux véhicules ont des règles différentes, comme le résume le tableau suivant. En outre, le CELI permet à l’épargnant de faire des retraits et de recotiser les montants l’année suivante. Le REER, lui, prévoit d’importantes retenues d’impôt en cas de retrait avant la retraite, à moins que cela soit fait dans le cadre du régime d’accession à la propriété pour acheter une première maison.

 

Tableau récapitulant cinq principales différences entre le CELI et le REER. Le premier point est l’admissibilité. Pour le CELI, vous devez être un citoyen de 18 ans ou plus. Pour le REER, vous devez avoir un revenu gagné. Le deuxième point précise les droits de cotisation. Ceux-ci sont de 6 000 $ pour le CELI à compter de 2019 et de 18 % du revenu gagné de l’année précédente pour le REER. Le troisième point permet de voir que les droits de cotisation se cumulent d’une année à l’autre dans les deux cas. Le quatrième point précise si les cotisations sont déductibles. Non pour le CELI, oui pour le REER. Enfin, le cinquième point établit si les retraits sont imposables. Non pour le CELI, oui pour le REER.
  • 3. Combien peut-on cotiser à un CELI ?
    Les droits de cotisation au CELI sont les mêmes pour tout citoyen de 18 ans et plus. Depuis la création du régime, ils ont varié de 5 000 $ à 10 000 $ par année, et ils s’établissent à 6 000 $ depuis le 1er janvier 2019.

    Comme ces droits sont cumulatifs, le total auquel vous avez droit dépend du moment où vous avez atteint vos 18 ans. Si vous aviez déjà 18 ans en 2009, vous avez le droit de cotiser un grand total de 63 500 $. Sinon, utilisez le tableau suivant pour calculer vos droits de cotisation, ou référez-vous à votre dossier personnel sur le site de l’Agence de revenu du Canada.

 

Tableau présentant les droits de cotisation annuels au CELI. De 2009 à 2012, ils étaient de 5 000 $. En 2012 et 2013, ils étaient de 5 500 $. En 2015, ils ont été de 10 000 $. De 2016 à 2018, ils sont revenus à 5 500 $. Enfin, en 2019, ils sont de 6 000 $.
  • 4. Comment fonctionnent les retraits ?
    Tout montant cotisé peut être retiré en tout ou en partie l’année suivant celle du dépôt. De plus un retrait libère une marge de cotisation équivalente, également l’année suivant celle du retrait. Autrement dit, on ne perd jamais ses droits de cotisation : si on retire un montant, ce montant vient augmenter les droits de cotisation de l’année suivante.

  • 5. À quoi faut-il faire attention ?
    Le CELI comporte de lourdes pénalités d’impôt, de 1 % par mois, pour tout montant cotisé en excédent des droits de cotisation. Il pourrait donc être important de faire attention au moment où les retraits et les cotisations sont faits : si on recotise trop tôt des montants retirés, cela pourrait engendrer une cotisation excédentaire.

Quelques stratégies pour mieux utiliser le CELI

  • Pour les particuliers à haut revenu
    Le CELI pourrait être un outil très utile si vous avez maximisé vos droits de cotisation au REER. C’est en effet un montant additionnel pouvant atteindre 63 500 $ que vous pouvez mettre à l’abri du fisc.
  • Pour les particuliers qui envisagent une augmentation de leurs revenus
    Certaines personnes, parce qu’elles prévoient que leurs revenus seront beaucoup plus importants dans les années à venir, préfèrent cotiser à leur CELI et laisser leur marge de cotisation REER s’accumuler. Une fois que leurs revenus ont augmenté, elles utilisent les sommes de leur CELI pour cotiser à leur REER, ce qui engendre une déduction d’impôt plus importante que si elles avaient cotisé lorsque leurs revenus étaient plus faibles.
  • CELI et REEE
    Enfin, si vous souhaitez épargner en vue des études postsecondaires futures de vos enfants, il est probable que vous privilégiiez le REEE en raison des subventions importantes qui l’accompagnent. Cependant, comme le REEE comporte des plafonds, le CELI peut aussi être mis à contribution dans cet objectif.

Pour compléter cet aperçu et obtenir des conseils personnalisés quant à l’utilisation du CELI, consultez votre représentant en épargne collective ou conseiller en sécurité financière.

 

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Actualis, « Budget fédéral: CELI et… cela », mars 2008.
Calcul conversion, « Calcul du maximum déductible REER pour 2019 sur revenu 2018 ».
Gouvernement du Canada, « Statistiques relatives au compte d’épargne libre d’impôt », 2018 ; « Le compte d'épargne libre d'impôt » ; « CELI : cotisations » ; « CELI : cotisations, retraits et transferts » ;
Les affaires, « REER ou CELI ? Conseils et astuces ».
Question Retraite, « Cotiser à un REER ou à un CELI ? » ; « Régime enregistré d’épargne-études (REEE) ».