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Que se  passe-t-il après une chute <br> 	des marchés boursiers ?

Que se passe-t-il après une chute
des marchés boursiers ?

En 2018, le mois d’octobre a été fidèle à sa légende en se soldant par une baisse prononcée des grands indices boursiers. Dans cet article, nous essayons de voir ce que l’histoire nous enseigne sur ce genre d’épisodes.

Si vous investissez en Bourse par l’entremise de fonds de communs de placement*, il est probable que ces derniers aient accusé un recul en date du 31 octobre dernier. Au cours du dernier mois, en effet, l’indice de la Bourse de Toronto a vécu sa pire performance mensuelle en sept ans, alors que l’indice S&P 500 de la Bourse américaine a baissé de près de 7 % et le Nasdaq, composé en grande partie de titres technologiques, a chuté de plus de 9 %.

Bien que plusieurs analystes anticipaient cette situation, certains épargnants ont été surpris par sa soudaineté, après plusieurs années de croissance des marchés. Voici cinq faits que l’histoire nous révèle sur les baisses des marchés boursiers, et qui permettent de mettre en perspective la conjoncture récente.

 

1.   Une baisse des marchés est un phénomène fréquent

Une étude de la Deutsche Bank rapportée sur le site Motley Fool estime qu’en moyenne, les marchés boursiers enregistrent une correction – c’est-à-dire une baisse de 10 % ou plus depuis un sommet récent – chaque 357 jours. Cela signifie qu’une telle baisse se produit au moins une fois par année. La durée de la baisse peut varier mais, lorsqu’elle se produit en quelques jours, le phénomène attire évidemment davantage l’attention.

2.   Généralement, les chutes durent moins longtemps que les hausses

Depuis la fin des années 1920, si on se base sur l’indice S&P 500 de la Bourse américaine, on aurait connu huit marchés baissiers, c’est-à-dire des baisses d’au moins 20 % à partir d’un sommet récent. La durée moyenne de ces marchés baissiers a été de 1,4 an. Par comparaison, la durée moyenne des marchés haussiers est estimée à un peu plus de 9 ans.

3.   La patience peut être de mise

Cependant, il est vrai que les marchés peuvent prendre un temps variable à récupérer leurs pertes et à revenir à leurs niveaux d’avant la baisse. Comme l’illustre le graphique suivant, bien que la Bourse affiche historiquement une forte tendance à la hausse, il faut parfois attendre quelques mois, quelques années, voire plusieurs années pour la voir revenir au sommet record précédent.

 

Graphique représentant le comportement de l’indice S&P 500 de la Bourse américaine, de 1950 à aujourd’hui. Le graphique montre une progression importante sur l’ensemble de la période. Cependant, il identifie 11 périodes durant lesquelles l’indice a chuté par rapport à son niveau record précédent et précise le temps qu’il lui a fallu pour revenir ensuite à ce niveau. Dans sept cas, l’indice a mis environ un an à récupérer ses pertes. Dans un cas, au début des années 1970, il lui a fallu trois ans.  En deux occasions, à la fin des années 1970 et après 2008, il lui a fallu six ans. Enfin, il a fallu huit ans au S&P 500 pour se remettre de sa chute du début des années 2000.


4.   10 % de baisse ne sont pas récupérées par 10 % de hausse

À cet égard, il pourrait être sage de se rappeler que pour récupérer une perte, il faut enregistrer un rendement, en pourcentage, plus important que la perte elle-même. Par exemple, si vous perdez 50 % d’une somme de 100 $, vous vous retrouverez avec une somme de 50 $ : pour revenir à votre montant initial, vous devrez gagner un autre 50 $ sur ce 50 $, soit un rendement de 100 %. De façon plus générale, il vous faudra un rendement de 5,26 % pour effacer une perte de 5 %, un rendement de 11,33 % pour effacer une perte de 10 % et un rendement de 33,33 % pour effacer une perte de 25 %.

5.   Historiquement, les hausses ont tendance à l’emporter sur les baisses

On constate que depuis les années 1920, les marchés haussiers semblent constamment l’emporter sur les baisses. Durant cette période, toujours si l’on prend comme référence l’indice S&P 500, les marchés baissiers auraient forcé les investisseurs à encaisser une perte cumulative moyenne de 41 %. En revanche, les périodes de hausse leur auraient rapporté un rendement total cumulatif moyen de pas moins de 480 %.

Il est important de rappeler que le passé ne saurait en aucun cas être garant du futur. Cependant, ces quelques faits historiques permettent de relativiser le comportement des marchés en octobre et, de façon plus large, leurs hausses et leurs baisses en général. Plusieurs investisseurs ont en mémoire la dernière chute très brutale des marchés, celle d’il y a 10 ans, lorsque les cours ont chuté de quelque 50 % sur une période d’un an et trois mois. Depuis, jusqu'en septembre dernier, les marchés ont offert ce que plusieurs analystes considèrent comme l’un des plus longs marchés haussiers de l’histoire, soit plus de neuf ans et demi, et un rendement cumulatif de 385 %.

 

* Les fonds communs de placement sont offerts par l’entremise de représentants en épargne collective rattachés à SFL Placements, Cabinet de services financiers.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

Four Pillar Freedom, « Here’s How Long the Stock Market has Historically Taken to Recover from Drops », 21 juin 2018.
FT Porfolios, « History of U.S. Bear & Bull Markets Since 1926 ».
Investopedia, « Stock Market May Plunge 25% as Yields Soar: Goldman Sachs », 28 février 2018 ; « Stock Market Nears Longest Bull Run in History », 13 août 2018.
Les affaires, « Bourse: les marchés terminent le mois d'octobre dans le calme », 31 octobre 2018.
See it Market, « Limiting Losses: The Key To Long-Term Investing Success », 19 avril 2016.
The Motley Fool, « 6 Things You Should Know About a Stock Market Correction ».