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Qu’est-ce que l’investissement responsable ?

Qu’est-ce que l’investissement responsable ?

La notion d’investissement responsable a beaucoup évolué ces dernières années, et elle dépasse désormais ce qu’on appelait auparavant les fonds « éthiques »*. Survol en cinq points.

Les approches de placement dites « responsables », c’est-à-dire qui tiennent compte de critères autres que la stricte performance financière, gagnent en popularité depuis quelques années, comme on peut le voir par ces chiffres compilés par l’Association pour l’investissement responsable :



Si on ajoute à ces statistiques la valeur mondiale des émissions d’obligations « vertes », que la firme J.P. Morgan estime à 87,7 milliards $US pour 2016 (par rapport à seulement 500 millions en 2012), on peut probablement estimer que la notion d’investissement responsable fait rapidement son chemin dans le monde financier.

Mais au juste, qu’entend-on par « investissement responsable » ?

1. D’où vient la notion ?

À l’origine, le concept d’investissement responsable découle de la volonté de certains investisseurs de ne pas investir dans des secteurs qui vont à l’encontre de leurs valeurs. Ces origines pourraient être religieuses : aux États-Unis, dès le début des années 1700, l’un des fondateurs de l’Église méthodiste préconise d’éviter les pratiques d’affaires pouvant mettre en danger la vie des travailleurs. À la même époque, le mouvement quaker interdit à ses membres de s’impliquer dans certaines pratiques commerciales, notamment l’esclavage. Plus près de nous, dans les années 1970, le Taskforce on the Churches and Corporate Responsibility (TCCR) est créé au Canada en réaction à des investissements favorisant l’apartheid en Afrique du Sud.

2. En quoi consiste l’investissement responsable ?

  • L’intégration de critères ESG
    Cette approche consiste à intégrer des critères non financiers dans l’évaluation des entreprises et les décisions d’investissement. Ces critères recouvrent les volets de l’environnement, de la société et de la gouvernance, d’où l’acronyme ESG. Un nombre croissant d’investisseurs, en effet, considèrent ces volets comme des facteurs de risque qu’ils doivent contrôler au même titre que leurs autres risques d’investissement, parce qu’ils peuvent avoir une incidence sur la valeur de leur placement.
  • L’engagement actionnarial
    Cette approche pousse la gestion des critères ESG jusqu’à des initiatives visant à influencer directement les décisions des entreprises, généralement par l’exercice des droits de vote lors des assemblées des actionnaires.
  • Le filtrage
    Enfin, l’exclusion de certains titres ne répondant pas à certains critères sociaux (par exemple, des entreprises exploitant des enfants) ou environnementaux (par exemple des entreprises polluantes) continue d’être préconisée par plusieurs gestionnaires de portefeuilles.

3. Qui sont les principaux joueurs dans le domaine ?

Selon l’Association pour l’investissement responsable, la majeure partie de la croissance de l’investissement responsable, au Canada, est attribuable aux investisseurs institutionnels, qui gèrent notamment plusieurs caisses de retraite des secteurs public et privé.

4. Y a-t-il des mécanismes de contrôle et de vérification ?

Des normes internationales de reddition de comptes sont de plus en plus mises de l’avant, afin que les investisseurs puissent disposer d’instruments de mesure aussi évolués que pour les critères financiers. L’un des systèmes souvent utilisés est celui de la Global Reporting Initiative (GRI), créée en 1997.

5. Comment s’y prendre si on veut soi-même investir de façon responsable ?

D’abord : s’informer ! Les gestionnaires de fonds communs de placement* qui adoptent une approche ESG seront très souvent signataires des Principes pour l’investissement responsable (PRI) mis de l’avant depuis 2006 par l’Organisation des Nations-Unies. Il peut donc être important de lire les prospectus, car un fonds peut très bien être géré selon des critères de responsabilité sociale et environnementale sans nécessairement s’afficher comme « éthique » ou « vert ».

Votre représentant en épargne collective peut vous aider à faire le tri de toute cette information.





*Les fonds communs de placement sont offerts par l’entremise de représentants en épargne collective rattachés à SFL Placements, Cabinet de services financiers.

Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.
Les Affaires, « Faire le bien avec son argent ou comment investir avec impact », 6 mai 2017 « Investissement responsable : les principes de l’ONU », 11 juin 2011.
CBCNews, « The gender gap : Canadians want to put their money in companies that pay equally », 12 juin 2017.
CNBC, « The truth is finally starting to emerge about socially responsible investing», 16 juin 2017.
Conseiller, « Conjuguer rendements social et financier », 17 avril 2017 ; « L’investissement responsable change le monde de la finance », 1er mars 2017.
Le Devoir, « De l’éthique à l’impact », 15 avril 2017 ; « L’investissement responsable prend de l’ampleur au Canada », 3 février 2017.
Fast Company, « How To Invest Your Money Responsibly, Sustainably, Or For Impact (They’re Not The Same)», 17 mai 2017 ; « Swell Lets You Invest A Little Cash In Solving Big Problems », 16 mai 2017.
Financial Express, « Responsible Investing : Soon to be a mainstream aspect of investment », 30 mai 2017.
The Globe and Mail, « Confused by ethical investing? Here’s a primer », 17 mars 2017 ; « Millennial investors looking for ’companies that are doing good’ », 16 mars 2017.
Global Reporting Initiativesite web.
Investment Executive, « Global green bond market hitting new milestones: J.P. Morgan », 18 juillet 2017.
MoneySense, « Is ethical investing good for your portfolio? », 9 avril 2017.
Novethic, « L’engagement actionnarial ».
OpenImpact, « About Impact Investing », 2017.
Principles for responsible investmentsite web.
Responsible Investment Association, « Les investissements responsables canadiens surpassent le 1,5 mille milliards de dollars », 2016.
Wikipedia, « Socially responsible investing ».