Vos finances au quotidien

Travailler ou s’occuper de ses enfants ?

Travailler ou s’occuper de ses enfants ?

Lorsqu’un parent choisit de demeurer à la maison pour élever ses enfants, il doit relever de nombreux défis financiers, à court comme à long terme.

La famille a bien changé au Canada depuis les années 1970. Du moins en ce qui concerne la garde des enfants ! Voyez :

Évolution du nombre de mères et des pères au foyer au Canada

Comme on peut le voir, le Canada compte moins de « parents au foyer », ce qui témoigne de la présence accrue des femmes sur le marché du travail. En 1976, 51 % des ménages avec enfant comptaient uniquement sur le revenu du père. Aujourd’hui, cette proportion est de 17 % !

Néanmoins, pas moins de 400 000 femmes et quelque 55 000 hommes choisissent encore d’être parent au foyer. C’est un choix des plus attrayants pour la personne qui veut participer pleinement au développement de ses enfants. Mais il n’est pas sans conséquences financières.

Si vous l’envisagez, par préférence ou par nécessité, voici quelques points de repère pratiques.

Un revenu en moins
La conséquence la plus immédiate est évidemment la perte d’un des revenus du couple.

Comment compenser
Votre présence à la maison pourrait vous permettre d’économiser sur les services de garde, le transport pour aller au travail, les repas du midi et d’autres frais liés au travail. En outre, vous pourriez réaliser qu’après prise en compte de l’impôt sur le revenu, votre perte s’avère moindre qu’il n’y paraît, surtout si vos revenus familiaux plus bas vous donnent droit à certains crédits d’impôt. Il pourrait être utile d’obtenir du conseil pour chiffrer exactement votre situation. Autre possibilité : si vous êtes dans un domaine qui le permet, travailler à partir de la maison, par exemple à la pige, pourrait faire une différence.

Une carrière sur « pause »
Durant ces années où vous n’occuperez pas un emploi, une foule d’occasions de carrière seront saisies par d’autres personnes que vous. Et lorsque vous reviendrez au travail, vous pourriez accuser un retard professionnel sur ces celles-ci.

Comment compenser
Ne pas quitter complètement votre emploi, par exemple en faisant du télétravail ou des contrats ponctuels, pourrait avoir un triple avantage : vous procurer un revenu, maintenir vos qualifications professionnelles et vous garder dans un réseau professionnel actif.

Une épargne au ralenti
Si vous n’avez pas de revenu gagné, vous n’aurez plus de marge de cotisation REER – et, de toute façon, plus de revenu pour épargner. En outre, vous ne participerez plus au Régime de pensions du Canada ou au Régime de rente du Québec, qui sont basés sur l’emploi.

Comment compenser
C’est peut-être le défi pour lequel il sera le plus important d’obtenir du conseil professionnel. Vous pourriez notamment évaluer la possibilité que votre conjoint utilise sa marge de cotisation pour cotiser à votre REER. En outre, nos régimes publics comportent des dispositions pour les parents au foyer. Par exemple, le Régime de pensions du Canada comprend une Clause d’exclusion pour élever des enfants (CEEE), qui permet d'exclure du calcul des prestations les périodes consacrées à s'occuper d'un enfant de moins de sept ans.

Bien définir la situation
De plus en plus de couples vivent en union de fait. Or, en cas de séparation, les conjoints de fait ne disposent pas nécessairement de la même protection que les conjoints mariés.

Comment compenser
Si vous vivez en union de fait, il serait prudent de signer avec votre conjoint un contrat de vie commune dans lequel seront inclus plusieurs actifs du couple.

Quand le choix n’en est pas un
Enfin, il existe des situations où un parent quitte son emploi non par choix, mais pour accompagner un enfant aux prises avec de graves problèmes de santé. Dans certains cas, le coût des soins s’ajoute à la perte de revenus.

Comment compenser
Il pourrait y avoir un moyen d’atténuer ce stress financier, mais il faut y penser à l’avance : il s’agit de l’assurance maladies graves pour enfants, qui verse une indemnité aux parents advenant que leur enfant soit atteint d’une des maladies prévues au contrat, comme l’autisme, le syndrome de Rett ou le cancer.

Bref, être parent à la maison peut être un magnifique projet… si on le planifie correctement !

 

Les sources suivantes on été utilisées dans la rédaction de cet article.
Actualis, « Comment va votre couple? », 2015 ; « S’assurer de pouvoir s’occuper de son enfant », 2006. Canal Vie, « Prendre la décision d’être une mère au foyer ». La Presse, « Mère à la maison sans misère », dernière mise à jour : 1er mai 2013. Prestations du Canada, « Claude s’exclusion pour élever des enfants (CEEE) », dernière mise à jour 8 août 2016. Sélection du Reader’s Digest, «  Avez-vous les moyens de rester à la maison? ». Statistique Canada, « Profils d’emploi des familles avec enfants », dernière mise à jour : 27 novembre 2015.