Vos finances au quotidien

Vivre sans voiture ?

Vivre sans voiture ?

De plus en plus de personnes, notamment parmi les plus jeunes générations, choisissent de ne pas avoir de voiture. Et ce n’est pas si étonnant…

Il semble que les Canadiens aiment l’automobile. Beaucoup. Au cours de la seule année 2015, il s’est vendu pas moins de 1,9 million de véhicules neufs au pays, un record de vente – et une bonne nouvelle pour l’industrie automobile !

Pour le consommateur, toutefois, un véhicule peut parfois devenir un poids financier. Les données de 2014 montrent que l’achat et l’utilisation des véhicules automobiles représentent environ un cinquième de l’ensemble des dépenses des ménages canadiens.

Un poids lourd, l'auto ?


En fait, en tenant compte de tous les coûts afférents, l’Association canadienne des automobilistes estime qu’une berline milieu de gamme coûterait environ 12 000 $ par année, et un véhicule utilitaire sport milieu de gamme, environ 15 000 $ par année, pour une utilisation de 32 000 km.

Pas étonnant que plusieurs personnes décident de faire une croix sur leur automobile… et même sur le permis de conduire, dans les tranches d’âge les plus jeunes. Mais comment s’en sortent-elles ?

De nouvelles alternatives

C’est que l’éventail des modes de transport autres que la voiture personnelle ne cesse de croître.

  • L’autopartage
    Le principe est simple : une flotte de véhicules est mise à la disposition d’automobilistes membres. Moyennant des frais d’abonnement et d’utilisation, on a accès à une auto au moment voulu, sans se soucier de l’entretien, de l’immatriculation ou des assurances. La formule semble plaire : en 2008 on ne comptait que 40 000 membres de services d’autopartage au pays ; en 2014, ils étaient près de 214 000 !
  • Le covoiturage
    Cette formule bien connue permet de partager avec d’autres travailleurs le coût de l’aller-retour au travail. Elle susciterait cependant un intérêt fort variable. Selon le dernier recensement, plus d’un travailleur sur cinq fait du covoiturage à Halifax (23,5 %) et à Moncton (22,7 %), mais à peine un travailleur sur 10 à Saguenay (11,1 %) et à Trois-Rivières (11,3 %).
  • La location
    Devant la concurrence des services d’autopartage, plusieurs entreprises proposent des prix alléchants pour les locations à court terme. Certaines soutiennent même qu’une escapade d’une fin de semaine, par exemple, coûterait beaucoup moins cher avec un véhicule loué qu’avec l’autopartage.
  • Le transport en commun
    À Toronto, un abonnement mensuel au transport collectif coûte 141,50 $ (plus 60 $ pour l’accès aux trains de banlieue). À Montréal, l’abonnement mensuel reliant le centre à la banlieue la plus lointaine coûte 240 $ par mois. Même à ce compte, on est loin des 12 000 $ annuels que représente une petite berline ! Sans compter les bénéfices collectifs : saviez-vous qu’un seul autobus permet d’économiser 70 000 litres de carburant par an, et que les transports collectifs occupent 20 fois moins d’espace que les transports individuels dans le réseau urbain ?
  • Le taxi
    Cher, le taxi ? Ça dépend… Si on suppose un coût moyen de 25 $ par course, il vous faudra prendre le taxi environ 600 fois par année pour égaler le coût annuel moyen d’un SUV milieu de gamme.
  • Les muscles
    Enfin, l’aménagement de voies cyclables a favorisé l’utilisation du vélo dans plusieurs villes de toute taille. Depuis quelques années, il faut aussi ajouter à cette tendance le vélo en libre-service, qui compterait déjà quelque 200 000 usagers et plus de 6 000 montures au Canada.

Question de choix

Cela dit, il est bien possible que vivre sans voiture demeure irréaliste pour plusieurs familles, surtout lorsqu’on tient compte des besoins des enfants, qu’il faut cueillir à la garderie, amener à leurs activités, et ainsi de suite. En outre, l’efficacité des solutions alternatives varie énormément d’une ville à l’autre.

Néanmoins, comme on peut le voir, les options sont de plus en plus nombreuses. Se priver de voiture – ou de deuxième voiture – pourrait bien permettre à certains ménages d’équilibrer plus facilement le budget, épargner davantage et, qui sait, se rapprocher plus tôt de l’indépendance financière.



Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.
AMT.qc.ca, « Titres et tarifs ». Association canadienne des automobilistes, « Coûts d’utilisation d’une automobile », Édition 2013 ; « L’autopartage ». Equiterre, « Transport collectif ». Globecar.com, « Autopartage vs location de voitures ». Le Figaro, « Le marché de la location automobile reprend des couleurs en France », 17 août 2015. Le Monde, « En Amérique du Nord, corrélation entre revenu et usage des vélos en libre-service », 7 novembre 2014. Le Quotidien du tourisme, « Collaboratif : L’autopartage en concurrence frontale avec les loueurs de voitures », 16 septembre 2015.Macleans, « For today’s youth, cars no longer represent freedom », 5 juin 2012. Statista.com, « Number of carsharing members in Canada from 2004 to 2014 «. Statistique Canada, « Le déplacement domicile-travail », date de modification : 23 décembre 2015 ; « Tableau 203-0021 : Enquête sur les dépenses des ménages (EDM), dépenses des ménages, Canada, régions et provinces », date de modification : 5 avril 2016. The Atlantic Citylab, « The Clearest Explanation Yet for Why Millennials Are Driving Less », 13 juillet 2015. TTC.ca, « Prices - Effective January 3, 2016 ».