Vos finances au quotidien

Cap au sud

Cap au sud

Vous rêvez de vous envoler vers le soleil et la plage… mais le huard plonge plutôt que de décoller. Est-il encore possible de prendre le large quand le dollar pique du nez ?

Les années se suivent et parfois se ressemblent… À peu près à la même date, en 2014, nous faisions le point dans ces pages sur la légère chute du dollar qui venait de s’entamer. Où en sommes-nous, deux ans plus tard ? Préparez-vous à un petit choc :

La lente glissade du huard

Après un léger répit, la dévaluation de notre monnaie par rapport au dollar américain n’a fait que s’accentuer, à tel point qu’en janvier dernier , le huard a atteint sa valeur la plus basse depuis 2003. Dommage qu’on en soit rendu là au moment où de nombreuses personnes aimeraient bien aller passer une semaine à la chaleur avant la fin de l’hiver, ou encore planifient leurs vacances d’été au sud de la frontière…

Voyager : toujours possible

Heureusement, il est encore possible de passer du temps à l’étranger, même aux États-Unis, sans trop souffrir de la baisse du dollar. Voici quelques idées à prendre en considération.

  • Le marché s’adapte
    Les voyageurs canadiens sont une manne importante pour certaines industries touristiques américaines – celles de la Floride et de la Caroline, par exemple. Pour continuer d’attirer les clients, des voyagistes et des compagnies hôtelières ont développé des offres exclusives pour les Canadiens, et on voit se multiplier les rabais de 25 % pour telle croisière ou tel parc d’attraction. Récemment, le bureau de tourisme de Myrtle Beach annonçait même des rabais de 30 à 65 %, strictement pour les touristes canadiens. Si ce sont les États-Unis que vous avez dans votre mire, restez à l’affût et de telles offres pourraient vous aider à réaliser votre projet.
  • Le prix de l’essence aussi a chuté
    La baisse des cours du pétrole est un des facteurs qui plombent le huard et une partie de l’économie canadienne, mais elle a aussi certains bons côtés. Selon certaines sources, le transport aérien serait aujourd’hui, en moyenne, 15 % moins cher que l’an dernier ! Bonne nouvelle aussi si vous préférez utiliser votre voiture : selon Statistique Canada, à l’hiver 2013-2014, le prix du litre d’essence à la pompe s’élevait à environ 1,37 $ à Montréal et à 1,30 $ à Toronto. En décembre 2015, ces prix oscillaient plutôt autour de 1,09 $ et 1,00 $. Et aux États-Unis ? Au cours des quatre derniers mois, le litre est passé de 0,65 US$ à 0,55 US$. Bref, ce que le pétrole nous enlève sur le dollar, il nous le redonne en partie à la pompe.
  • Notre dollar n’est pas faible partout
    Si le huard a perdu de la valeur face au dollar américain, il en a gagné par rapport à d’autres devises. Saviez-vous, par exemple, qu’il vous procure environ 75 % plus de pesos mexicains qu’en 2003 ? Et bien sûr, vous pourriez aussi choisir de visiter notre propre pays en 2016, ce qui pourrait faire une grosse différence, comme le montre cet exemple :
Bien chez soi
  • Mais attention : mieux vaut protéger ses arrières
    Il est recommandé de toujours avoir une assurance pour les frais médicaux dès qu’on traverse la frontière américaine. Ce conseil est d’autant plus pertinent aujourd’hui. Un petit séjour à l’hôpital est déjà exorbitant quand le dollar est au pair, et il l’est encore plus lorsque le dollar est faible… Par exemple, au moment où ces lignes sont écrites (début février 2016), 10 000,00 $ américains représentent pas moins de 13 959,50 $, au taux de 0,71636 dollar américain pour un dollar canadien.
  • Payer à l’avance ?
    Lorsque le marché des devises est aussi volatil, une bonne façon de contrer l’incertitude est de se tourner vers une formule payée d’avance, ce qui est souvent le cas des tout-inclus. On peut ainsi plus facilement budgéter sa dépense, se fixer une cible d’épargne et s’y tenir. Cependant, il faut savoir que cela consiste aussi à faire un pari sur le cours du dollar : si celui-ci reprend de la valeur, vous y perdrez au change, et inversement s’il continue de chuter. Dans les deux cas, vous aurez figé votre coût, mais vous ne saurez que plus tard si cela vous a fait dépenser plus ou moins d’argent.

Bref, pas de panique ! La valeur du huard peut diminuer mais, avec un peu de vigilance et de planification, votre budget vacances – et vos finances personnelles – pourraient s’en tirer honorablement.



Sources ayant servi la rédaction de cet article :
Site web de Radio-Canada, « 5 questions pour comprendre la chute du dollar canadien », 13 janvier 2016; PR Newswire, « Myrtle Beach, South Carolina, Offers Steep Discounts for Canadians in 2016, Helping Travelers Dinged by the Declining Loonie », 30 septembre 2015; NPR, « As Oil Plummets, Cheap Jet Fuel Means Better Travel Deals », 20 janvier 2016; Statistique Canada, CANSIM, tableau 326-0009, « Prix de détail moyens, essence et mazout, selon le centre urbain »; Oanda, Historique des taux de change (peso mexicain), Convertisseur de devises (dollar américain), 11 février 2016; Numbeo, coût de la vie - Boston comparé à Québec, 8 février 2016.