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Combien coûte l’amour ?

Combien coûte l’amour ?

En ce mois de la St-Valentin, ne reculons devant rien et tentons de trancher une épineuse question : coûte-t-il plus cher de vivre seul ou de vivre à deux ?

Si vous vivez actuellement en couple, sachez que vous faites partie des quelque 15,7 millions de personnes qui, selon Statistique Canada, sont dans cette situation au pays. En revanche, les personnes célibataires ne sont pas… seules, puisqu’elles sont pas moins de 11,8 millions à mener leur vie en solo.

Mais au fait, du strict point de vue financier, lequel des deux modes de vie est le plus avantageux ?

Du simple au double ?


Entre le partage et la liberté

Comme on peut le voir, à première vue, les forces sont équilibrées, puisque la colonne des couples semble simplement deux fois plus élevée : deux personnes, deux fois les dépenses. On pourrait donc conclure que la vie à deux permet de partager des dépenses (loyer ou hypothèque, épicerie, etc.), mais que les célibataires compensent en prenant de moins grands engagements financiers et en étant plus libres dans certains choix.

Sauf que...

En y regardant d’un peu plus près, on découvre une différence : sur une base mensuelle, les dépenses des célibataires s’élevaient à 3 726 $ en 2013, alors que celles des couples étaient de 3 362 $ par personne (en supposant que chaque conjoint contribue également aux dépenses du ménage). Une différence de 364 $ qui n’est peut-être pas perceptible sur un graphique, mais qui représente une somme notable en fin d’année.

Cette réalité est corroborée par ce que les économistes appellent la « mesure du panier de consommation » (MPC), qui établit le revenu minimal pour subvenir à ses besoins. Dans le cas de Toronto, par exemple, celui-ci s’élève à 18 431 $ pour une personne seule, contre 26 065 $ pour les ménages composés de deux personnes, soit seulement 13 033 $ chacune.

Avantage : couple.

Moins de dépenses donc plus riches

Mais il y a plus marquant encore : il semble que l’amour soit moins une dépense qu’un puissant levier d’enrichissement (sauf le 14 février, bien sûr).

Le couple : un levier d'enrichissement ?

Comme le montre le tableau, la valeur nette médiane des célibataires est près de huit fois moins élevée que celle des familles. Plusieurs facteurs entrent ici en jeu, notamment l’âge et la situation professionnelle, mais on peut voir que même chez les personnes arrivées vers la fin de leur cycle d’épargne, après 65 ans, la situation du couple est nettement plus avantageuse.

On peut supposer qu’en combinant leurs ressources, les conjoints augmentent leur capacité commune d’épargne et d’investissement. Par exemple, ils peuvent acquérir des propriétés plus dispendieuses, mais qui gagneront d’autant en valeur. Ils peuvent aussi se donner un plan financier commun et utiliser des outils comme le fractionnement du revenu et le REER du conjoint pour optimiser leurs impôts.

Avantage : encore le couple.

Chacun sa stratégie

On aurait sans doute tort de conclure, cependant, que la vie de célibataire est sans avantage financier. Les couples, par exemple, font face à des obligations légales que n’ont pas les personnes seules et qui peuvent faire dérailler un plan financier si elles n’ont pas été pleinement planifiées.

La seule conclusion qui s’impose, en ce mois de la St-Valentin, mais surtout en cette saison des REER et bientôt de l’impôt, c’est que les réalités financières des couples et des célibataires peuvent être fort différentes, et que chacune exige une approche financière personnalisée.



Sources ayant servi la rédaction de cet article :
Statistique Canada : « La St-Valentin... en chiffres »; « Seuils de la mesure du panier de consommation (MPC) pour les familles économiques et les personnes hors familles économiques, 2010 »; CANSIM, tableau 203-0023, « Enquête sur les dépenses des ménages (EDM), dépenses des ménages, selon le type de ménage »; « Valeur nette totale et médiane selon l’âge et le type de famille ».