Vos finances au quotidien

Familles recomposées, finances compliquées

S’il y a une notion que les parents de familles recomposées connaissent, c’est bien la complexité ! Gérer ses finances personnelles dans ce contexte comporte en effet ses exigences… et ses risques.

Qui, aujourd’hui, ne connaît pas quelqu’un qui vit dans une famille recomposée ? Normal : au Canada, en 2011, on a recensé pas moins de 464 335 familles de ce type, ce qui représente plus de 10 % des familles avec enfants au pays.

Portrait de famille

En fait, la proportion de parents vivant dans des familles recomposées est demeurée stable au cours des dernières décennies. Toutefois, ce qui a changé récemment, c’est la composition de ces ménages : les familles recomposées « complexes » représentent désormais plus de la moitié du total.

De plus en plus complexe

Et qui dit famille complexe dit finances compliquées.

Les défis de la recomposition

  • Mettre sa stratégie à jour
    Curieusement, le premier défi des familles recomposées pourrait bien concerner non pas le présent, mais l’avenir : c’est celui de revoir les stratégies existantes, à commencer par la planification de la retraite et la planification successorale (incluant la désignation des bénéficiaires des polices d’assurance). En effet, les règles qui encadrent la constitution du patrimoine et la succession sont étroitement liées à l’état matrimonial des conjoints – et il n’est pas rare que les termes d’une union antérieure aient préséance sur ceux de l’union actuelle ! Pour protéger à la fois ses intérêts, ceux de ses enfants et ceux de son nouveau ménage, chaque parent pourrait devoir obtenir sans tarder des conseils professionnels à ce sujet.
  • Faire un budget réaliste
    Étant donné les responsabilités financières qui découlent des anciennes unions – sans compter, dans certains cas, les traces de quelques années de vie monoparentale –, les familles recomposées sont plus susceptibles d’avoir du mal à s’acquitter du loyer, des factures résidentielles et des autres dépenses régulières. Les chiffres montrent que, même si elles s’en sortent mieux que les familles monoparentales, elles peinent davantage que les familles « intactes » à respecter leurs obligations financières. À preuve :
    Faire face à une échéance financière
  • Définir les responsabilités respectives
    Le partage des responsabilités financières entre les deux conjoints peut aussi devenir un enjeu délicat. Se partageront-ils les dépenses communes au prorata de leur salaire respectif ? Au prorata de leur nombre d’enfants respectif ? Mettront-ils toutes leurs dépenses en commun ou auront-ils des comptes séparés ? La réponse variera selon la situation de chaque couple et, pour les parents qui en sont à leur seconde ou troisième relation, l’arbitrage entre les obligations financières liées à chacune de ces unions peut devenir difficile.

    Ce qui nous amène à…
  • Composer avec le passé
    Garde des enfants, pension alimentaire, état matrimonial, dettes communes contractées par le passé… La réalité des parents de familles recomposées est un amalgame d’engagements passés et présents. Ceux-ci peuvent parfois être contradictoires et avoir d’importantes incidences légales et financières. Et même si ce sont des sujets délicats à aborder avec un nouveau conjoint, il pourrait être important de les prendre en considération pour limiter le risque de conflits ou de mauvaises surprises.

Alors, compliquée, la situation financière des familles recomposées ? Peut-être pas nécessairement chaque jour, mais, du point de vue des finances personnelles, elle peut assurément s’avérer complexe. Les éléments à prendre en compte sont nombreux et ils peuvent toucher aussi bien la vie des nouveaux conjoints que celles des anciens conjoints… et celle des enfants de tout ce beau monde.

Aussi bien faire le tour de la question pour ne pas être pris au dépourvu !