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Février 2017

Retraité ? En partie...
Cette année, parlons argent Les économies de bouts de chandelle, est-ce que ça marche ?
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Retraité ? En partie...

Retraité ? En partie...

Rester sur le marché du travail à l’âge de la retraite aurait un effet positif à la fois sur la santé… et sur la santé financière.

Soixante-cinq ans, l’âge de la retraite ? Détrompez-vous ! À un moment de leur vie où ils sont en droit de « collecter leur pension », de plus en plus de Canadiens restent en poste ou acceptent un nouvel emploi.

De plus en plus nombreux au travail


Le tiers de ces travailleurs sont à temps partiel. On peut présumer que certains restent au travail par choix, alors que d’autres le font parce qu’ils n’ont pas accumulé un capital de retraite suffisant.

Mais quelles que soient leurs motivations, il se pourrait bien que ces personnes y trouvent plus d’un avantage.

Le meilleur des mondes ?

  • Conserver la santé
    Souvent associée à la retraite, l’inactivité aurait de graves conséquences pour la santé. Selon une étude de Harvard, les retraités seraient pour cette raison 40 % plus sujets aux crises cardiaques que leurs congénères encore au travail. Une étude britannique suggère quant à elle que les retraités seraient 60 % plus à risque d’être malades et 40 % plus à même de souffrir de dépression. Et une autre étude a suivi un demi-million de Français pour conclure qu’une retraite hâtive augmenterait le risque d’Alzheimer.
  • Se sentir utile
    Le travail remplirait un besoin d’accomplissement et de dignité : les travailleurs ont le sentiment de contribuer à la société, ce qui leur permettrait même de vivre plus longtemps. Les avantages sont aussi du côté des employeurs, qui trouvent dans les retraités une main-d’œuvre expérimentée et disciplinée. Les quincailleries l’ont bien compris, elles qui embauchent souvent des employés de 50 ans et plus.
  • Socialiser
    Des études révèlent que, pour 67% des Canadiens, le travail serait une façon de demeurer actifs socialement. La retraite, en effet, perturberait grandement une vie sociale entièrement liée à la carrière. Plusieurs retraités reviendraient donc au travail surtout pour rester en contact avec le monde.
  • Conserver et augmenter ses économies
    Les baby-boomers auraient un manque à gagner d’en moyenne 400 000 $ par rapport à leur objectif d’épargne-retraite. Travailler après la retraite permet de repousser le moment où on commence à puiser dans son épargne, de conserver les avantages sociaux de son emploi, et même d’ajouter à ses économies.
  • Attendre pour récolter davantage
    Enfin, nos régimes de retraite publics offrent des bonifications si on repousse au-delà de 65 ans le moment où on commence à s’en prévaloir. Par exemple, la pension de la Sécurité de la vieillesse peut être bonifiée de 7,2 % par année jusqu’à concurrence de cinq ans. Les détenteurs de régimes de pension agréés (RPA) à prestations déterminées ont quant à eux droit à des crédits d’impôts. Signalons en outre qu’on peut générer des droits de cotisation REER jusqu’à l’âge de 71 ans si on continue d’avoir un revenu gagné.

Quelques précautions

Si vous envisagez de rester vous-même sur le marché du travail à votre « retraite », il pourrait être important d’obtenir des conseils pour bien agencer vos sources de revenu. Par exemple, devriez-vous demander votre pension de Sécurité de la vieillesse ? Une telle demande ne peut être annulée, et la pension s’ajoutera dès lors à vos revenus, ce qui pourrait avoir une incidence fiscale. Il en va de même pour la vente de biens familiaux comme un chalet, qui sont aussi imposables. Devriez-vous en disposer ? Si oui, quelles en seront les conséquences ?

Autre question : et si, pour diverses raisons, vous n’étiez pas en mesure de travailler ? Une bonne stratégie d’épargne et de sécurité financière adoptée avant la retraite pourrait s’avérer un choix plus prudent que de prévoir « ne jamais arrêter de travailler » : épargner tôt et régulièrement pourrait vous permettre de faire face à toute éventualité, car il est possible que travailler plus longtemps ne puisse pas remplacer les économies de toute une vie.



Les sources suivantes ont été utilisées dans la rédaction de cet article.

BBC, « Why retirement can be bad for your health », 16 mai 2013. Bel Âge, « Retourner au travail à temps partiel ou à temps plein », 23 janvier 2014; « Travail : les 50 ans et plus ont la cote », 23 février 2013. Le Devoir, « Les retraités reprennent le collier », 14 janvier 2014. Finance et investissement, « Travail à temps partiel et retraite : attention aux coûts », 13 novembre 2012. Financial Post, « Why a full-stop retirement is not the best way to go », dernière mise à jour 16 novembre 2016. Harvard Health Publications, « Is retirement good for health or bad for it? », dernière mise à jour 29 octobre 2015. Medical Daily, « Planning On Retiring Early? Consider These 5 Health Risks First », 15 juillet 2013. New York Times, « Too Old for Hard Labor, but Still on the Job », 12 août 2016. Protégez-vous, « Repousser la retraite, payant ou pas? Nous avons calculé. », août 2013. Radio-Canada, « Les baby-boomers pourraient révolutionner la retraite », 15 mars 2016. Retraite Québec, « Les conséquences du « baby-boom » nous concernent tous! ». Le Soleil, « Conciliation retraite-travail pour retraités blasés », 27 octobre 2012. Statistique Canada, tableau CANSIM 282-0002. Time, « How Planning to Work in Retirement Can Backfire », 8 septembre 2016.