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Spécial rentrée : Épargne 101

Spécial rentrée : Épargne 101

Si les études permettent d’aspirer à une carrière enrichissante, il vaut mieux s’être enrichi déjà un peu pour pouvoir se les payer ! Dans cette édition spéciale d’Actualis, nous présentons deux outils pour y arriver : le premier pour vos enfants, et le second, pour vous-même, si vous envisagez un retour aux études.

Sentez-vous l’électricité dans l’air ? Pas de doute : la rentrée scolaire bat son plein.

Cet événement annuel concerne beaucoup de gens… et brasse beaucoup d’argent. Statistique Canada évalue à un peu plus de cinq millions le nombre d’élèves inscrits dans les écoles primaires et secondaires, et à 1 518 $ les dépenses moyennes en éducation effectuées par l'ensemble des ménages. Et les étudiants des niveaux supérieurs composent eux aussi avec d’importantes dépenses. Voyez :

La rentrée des grands
Source : Statistique Canada


Comment faire face à de telles dépenses sans trop s’endetter ?

POUR VOS ENFANTS OU PETITS-ENFANTS : LE REEE

Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est conçu pour aider les parents à amasser des fonds à l’abri de l’impôt pendant de nombreuses années, en vue des études postsecondaires de leurs enfants. Il permet de cumuler des fonds de trois sources distinctes : vos cotisations (d’un maximum de 50 000 $ par bénéficiaire), des subventions gouvernementales (basées sur les cotisations), et le revenu de placement (qui est obtenu à la fois sur le capital et le montant des subventions).

Les subventions prévues sont substantielles : à elle seule, la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) peut atteindre 7 200 $, et le Bon d’études canadien (BEC), 2 000 $. Certaines provinces offrent aussi des subventions, notamment le Québec avec son Incitatif québécois pour l’épargne-études (IQEE), qui peut atteindre 3 600 $.

Comment ça marche ?

Lorsque votre enfant s’inscrira à un programme d’études postsecondaires admissible, il pourra percevoir des Paiements d’aide aux études (PAE), constitués de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), du Bon d'études canadien (BEC), des sommes payées d'un programme canadien d'épargne-études ou d'un programme provincial d'épargne-études, ainsi que des revenus générés par le REEE. Ces PAE sont imposables, mais, si l’étudiant a un taux d’imposition très bas, cela ne devrait pas engendrer une facture d’impôt significative. Les cotisations, quant à elles, peuvent être remboursées au souscripteur sans aucune conséquence fiscale (et remises à son enfant, bien sûr, s’il le souhaite).

Que faire si votre enfant ne devait jamais s’inscrire à un programme admissible, ou encore s’il restait des sommes dans le régime à la fin de ses études ? Dans de tels cas, les cotisations peuvent être remboursées au souscripteur sans conséquence fiscale. Les subventions reçues peuvent être transférées à un autre bénéficiaire, mais sinon, elles doivent être remboursées au gouvernement. Quant au revenu de placement accumulé, si certaines conditions sont respectées, vous pourriez le transférer à votre REER ou le céder à un établissement d’enseignement admissible, sans incidence fiscale. Sinon, un impôt et des pénalités s’appliqueront.

Notez enfin que diverses modalités s’appliquent selon le type de REEE : individuel, familial ou collectif. Pour plus de renseignements sur le REEE, on peut consulter le site de l’Agence du revenu du Canada.

POUR VOUS-MÊME: LE REEP

Mais peut-être envisagez-vous vous-même un retour aux études pour développer votre carrière. Eh bien, il existe un régime pour ça aussi : votre propre régime enregistré d’épargne-retraite.

Surpris ? C’est qu’il existe un outil qui agit un peu, pour un retour aux études, comme le régime d’accession à la propriété (RAP) pour l’achat d’une maison : le régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Celui-ci constitue en quelque sorte un emprunt sur 10 ans, sans intérêts, que vous vous accordez à même les fonds de votre REER.

Comment ça marche ?

Pour y être admissible, il faut faire la preuve de son inscription à un programme d’au moins trois mois consécutifs offert par un établissement reconnu. Il vous sera alors possible de retirer jusqu’à 10 000 $ par année de votre REER, jusqu’à un maximum de 20 000 $ pour toute la durée des études. Le conjoint peut également retirer un maximum de 20 000 $ de ses REER. Ainsi, un étudiant pourrait cumuler une somme maximale de 40 000 $. Mais attention ! Vous avez 10 ans pour rembourser la somme retirée, pas plus – ce qui au fond est à votre avantage : plus courte la période de remboursement, moins lourdes les conséquences de votre emprunt sur votre épargne-retraite.

Ne pas oublier le CELI !

Enfin, si le REEP est un outil intéressant pour utiliser l’épargne que vous avez déjà accumulée, il existe aussi un autre instrument pour amasser des fonds en vue de vos études ou de celles de vos enfants : le compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Ce dernier permet de faire croître des sommes à l’abri de l’impôt et d’effectuer des retraits non imposables au moment de votre choix. Depuis 2015, la limite de cotisation est de 10 000 $ par année. Au bout de quelques années d’épargne, votre CELI pourrait donc s’ajouter aux sources de revenu disponibles pour les études de vos enfants, ou encore vous verser à vous-même l’équivalent d’un revenu non imposable pendant votre retour aux études.

Bref, si on inversait la devise « qui s’instruit s’enrichit » ?